Les éditos du Curé

Edito du 29 mai 2011

Si vous aimez Jésus…

… vous resterez fidèles.

Fidèles à ses commandements, fidèles à la communion.

Nous ne fêtons pas en ces jours la communion d’une soixantaine d’enfants, mais la 1ère communion de toute une série de communions qui seront offertes à ces jeunes jusqu’à leur dernier souffle.

Le peuple hébreu avait reçu du Ciel une manne mystérieuse pour accompagner sa route d’Egypte en Terre Promise ; une nourriture si étonnante que le nom même donné à cette nourriture fut « qu’est-ce-que-c’est ? », « mannou ? ».

On pourrait bien appliquer aussi ce « mannou ? » à l’eucharistie, cette ‘chose la plus étrange’ qui soit. Celle d’un Dieu qui se fait Pain et Sang, Nourriture.

Miracle inouï à côté duquel tant d’entre nous passent sans rien remarquer. Et il est vrai qu’il faut croire contre les apparences. Qui pourrait croire que notre Dieu Tout-Puissant se donne à nous de manière aussi dérisoire dans les apparences ?… Et pourtant, n’est-ce pas là précisément un signe encore plus éclatant de puissance que de se donner, de tout donner, sous des apparences de trois fois rien, un peu de pain et de vin ?

Puisse l’Esprit-Saint encore promis en ce jour par Jésus nous donner de voir au-delà des apparences Celui dont notre cœur peut avoir faim et soif éternellement. Oui, c’est lui seul, le Saint-Esprit qui alors que le monde ne voit rien, nous donne et nous donnera de recevoir Jésus, de le reconnaître et de l’aimer au cours des messes célébrées.

Esprit-Saint, viens en nos cœurs, viens dans le cœur de ces enfants, pour leur donner de reconnaître toujours Jésus se donnant au cours de la messe, au cours de la communion. Sois toi-même l’Amour dans leurs cœurs pour que Jésus et le Père puissent se manifester à eux de plus en plus…

… Père Jean-Brice Callery

Edito du 22 mai 2011

La meilleure place…

… c’est la vôtre !

Pas de meilleure vocation que la vôtre. Les textes de ce dimanche nous révèlent que dès lors que nous nous appuyons sur le Christ comme la pierre angulaire de la construction, alors nous avons chacun la meilleure place, la meilleure vocation.

Cette construction spirituelle peut aussi être comparée à l’organisation du corps humain. Dès lors que le corps se laisse irriguer par le sang, que l’on pourrait comparer à l’Amour du Christ, à son Esprit, alors chaque membre peut comprendre sa place, sa fonction.

Concrètement, l’Eglise a développé très tôt cette réalité en mesurant que devant le nombre sans cesse croissant des croyants dans le monde, des missions différentes devaient être attribuées aux uns et aux autres.

Les ‘états de vie’ comme la vie consacrée ou le mariage font partie de ces missions, nous les évoquions la semaine dernière. Ou encore l’appel à être diacre (laisser le Christ serviteur servir en nous) comme la 1ère lecture de ce jour nous l’évoque.

Mais comment ne pas évoquer aussi les multiples services au sein d’une paroisse ?

Du ménage de l’église à l’accompagnement d’un futur baptisé, du chant ou de la musique au service de la catéchèse ou d’un groupe alpha ?

Les mois de mai et de juin peuvent être de bons mois de discernement pour écouter ce que l’Esprit peut suggérer à chacun… comme service présent et à venir!

… Père Jean-Brice Callery

Edito du 15 mai 2011

Sacerdoce, vie religieuse, mariage…

Ne séparons pas ce que Dieu a uni !

C’est en général pour le mariage en tant que tel que nous entendons cette parole évangélique : «  ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! ». Cependant, quand Jésus énonce cette parole qui fonde l’indissolubilité du mariage, il parle aussitôt après de ceux qui ont choisi de se consacrer exclusivement à Dieu dans un célibat « pour le Royaume des cieux » (Evangile selon saint Matthieu chapitre 19). Comme si l’un n’allait pas sans l’autre, comme si ces vocations du mariage et de la vie religieuse et consacrée s’éclairaient mutuellement.

Aussi, je ne crois pas qu’il soit exagéré d’appliquer cette parole du Christ, « que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni », à ces différentes formes de vocations chrétiennes. Oui, ne séparons pas les mariés des prêtres et des religieux. Les uns ne peuvent pas aller sans les autres, leurs vocations se nourrissent et se soutiennent. Tous sont appelés au fond à un même don de toute leur personne, dans le Christ, que l’on soit marié ou consacré.

Et en ce jour où nous unissons notre prière pour ‘les’ vocations, nous pouvons accueillir le Christ comme l’Unique Porte véritable qui permet « d’aller et venir » dans la bergerie, qui donne sens à toutes les vocations.

Nous rendons grâce ensemble pour le don de nos vocations («  vous avez été appelés » nous rappelle saint Pierre dans sa lettre aujourd’hui) ; nous les confions ensemble à la même Miséricorde divine  (« c’est par ses blessures que vous avez été guéris » ajoute-t-il) ; et nous recevons à l’avance de Dieu et nous lui présentons la suite de nos vies (« détournez-vous de cette génération égarée »). Autant d’échos à cette parole de Jésus : « si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ».

… Père Jean-Brice Callery

Edito du 8 mai 2011

Vivre la messe sur la route d’Emmaüs…

Sur la route d’Emmaüs, deux disciples parlent, discutent, s’arrêtent, tristes… Comment ne pas l’être après la mort de celui qu’on croyait être le Sauveur ?

En venant à la messe le dimanche, nous arrivons avec des pensées, des soucis, des états d’âmes fort variables ; et parfois aussi tristes et découragés, oui : comment ne pas l’être devant certaines situations qui nous touchent ?

 

Sur la route d’Emmaüs, le Christ apparaît sans se faire reconnaître et explique aux deux hommes ce qui le concerne en vérité dans les Ecritures, au-delà de leurs visions limitées et étroites.

En venant à la messe, nous entendons la Parole de Dieu qui nous explique aussi le sens de notre vie, qui ouvre et approfondit ce qui nous arrive pour accueillir les événements comme Dieu les entend.

 

Sur la route d’Emmaüs, le Christ prend du pain, le bénit, le donne aux deux compagnons qui le reconnaissent alors, le cœur brûlant, puis disparaît à leurs yeux.

En venant à la messe, le Christ ressuscité change le pain et le vin en son Corps et Sang, se donne ainsi à nous qui pouvons nous laisser éclairer, nourrir, embraser.

 

Sur la route d’Emmaüs, les deux disciples raffermis repartent à Jérusalem annoncer à tous l’extraordinaire Bonne Nouvelle.

En sortant de la messe, le Christ est vraiment prêt à passer par nous, incroyablement, pour en éclairer et en affermir d’autres…

Alleluia !

… Père Jean-Brice Callery

Edito du 1er mai 2011

Jean-Paul II Le Grand !

C’est ainsi que le pape Benoît XVI a tout de suite qualifié son prédécesseur en présidant à ses obsèques il y a 6 ans. Un qualificatif très peu attribué dans la succession des papes depuis saint Pierre ! On parle de Léon le Grand, de Grégoire le Grand, respectivement papes au 4ème et au 6ème siècle. Il y a donc désormais Jean-Paul le Grand, au 20ème et au début du 21ème siècle.

Mais qu’est-ce qui peut expliquer la grandeur particulière de ce pape, Karol Wojtila ?

Sans doute ce que Benoît XVI fait d’abord remarquer de lui : son exceptionnelle présence à Dieu, en Dieu. Un homme continuellement plongé en Dieu, continuellement présent à sa Présence. Un homme exceptionnellement priant en continu.

Voilà aussi assurément le secret de sa béatification reconnue si rapidement, 6 ans après sa mort, en ce dimanche de la Miséricorde, 1er mai 2011.

C’est cette unité de vie par la prière en Dieu qui explique aussi le ‘reste’ de sa vie, son rayonnement dans à peu près tous les domaines de la vie humaine et chrétienne : reconnaissance de la dignité de la personne humaine quelle qu’elle soit, sens de l’amour conjugal, amour de la famille, défense des droits du travail, amour de la Vierge Marie (sa devise était « totus tuus », c’est-à-dire « tout à toi », Marie, pour être tout à Jésus..) ; amour de la Miséricorde (il a institué cette fête de la Miséricorde le second dimanche de Pâques, à la demande expresse du Seigneur, transmise par sainte Faustine, une religieuse polonaise) ; et son corollaire, le sens du repentir (il a poussé toute l’Eglise à demander pardon pour les péchés de ses membres, lors du passage de l’an 2000) ; amour des jeunes (il a initié les JMJ)…

A l’occasion de cette béatification, plusieurs ouvrages retracent la biographie de ce pape exceptionnel, il serait bienvenu qu’au cours de cette année chacun d’entre nous en lise peut-être un !? Pour nous aider à faire de ce nouveau saint, un ami…

… Père Jean-Brice Callery

Edito du 10 avril 2011

Victimae paschali…

 

À la victime pascale,
chrétiens, offrez le sacrifice de louange.

L’Agneau a racheté les brebis;
le Christ innocent a réconcilié l’homme pécheur avec le Père.

La mort et la vie s’affrontèrent en un duel prodigieux.
Le Maître de la vie mourut; vivant, il règne.

“Dis-nous, Marie Madeleine,
qu’as-tu vu en chemin ?”

“J’ai vu le sépulcre du Christ vivant,
j’ai vu la gloire du Ressuscité.

J’ai vu les anges ses témoins,
le suaire et les vêtements.

Le Christ, mon espérance, est ressuscité

Il vous précédera en Galilée.”

Nous le savons : le Christ est vraiment ressuscité des morts.

Roi victorieux, prends-nous tous en pitié !

 

(Séquence de Pâques)

Edito du 3 avril 2011

Voir au-delà des apparences…

C’est une grâce que nous pourrions recevoir de Dieu ce dimanche et cette semaine. C’est en tout cas l’expérience que le prophète Samuel a faite dans le choix du roi David. Alors qu’il était certain que Dieu choisirait un de ses frères pour être roi, voilà contre toute attente que Dieu choisit le petit dernier qui était parti garder le troupeau : « car Dieu ne regarde pas comme les hommes qui regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur ».

C’est encore ce que saint Paul reconnaît de ceux qui veulent vivre avec le Christ : il nous donne part à sa lumière, ce qui nous permet alors de produire ‘du bon, du juste, et du vrai’, et de démasquer ce qui ne l’est pas.

La source de la lumière, c’est le Christ, qui comme pour l’aveugle-né guéri dans l’Evangile de ce jour, est prêt non seulement à nous éclairer, mais aussi à nous donner des yeux adaptés à sa lumière.

C’est tout compte fait le baptême qui nous donne cet équipement intérieur pouvant porter la lumière de Dieu sur nous-mêmes, sur les autres, sur toute réalité.

Un équipement qui est plus que nécessaire pour voir comme Dieu les voit, les événements de ce monde : catastrophes, conflits multiples, qui hors de la lumière du Christ qui veut sauver chaque personne, ne pourraient nous amener qu’à désespérer.

Demandons ces yeux et cette lumière qui nous permettent de voir plus profond et plus loin…

… Père Jean-Brice Callery

Edito du 27 mars 2011

« I thirst ! »

C’est la devise des Sœurs de la charité, voulue par leur fondatrice la bienheureuse Mère Teresa. Un programme de vie pour elles qui s’enracine dans le « j’ai soif » de Jésus.

Mais avant d’avouer sa soif sur la croix, le Christ avait déjà demandé à boire. En particulier aujourd’hui dans sa rencontre avec une Samaritaine.

Soif physique, oui, n’en doutons pas. La réalité de son incarnation, encore rappelée le 25 mars dernier dans la fête de l’Annonciation, ne peut nous faire court-circuiter la dimension pleinement humaine de Jésus. Et nos propres attentions aux nécessités physiques, matérielles, des uns et des autres.

Mais soif spirituelle de nos âmes, de notre amour, cela ne fait aucun doute également.

Une soif qui correspond en même temps à un désir chez lui d’étancher nos propres soifs à son contact. De venir nous abreuver d’une eau qui deviendra en nous « source jaillissante pour la vie éternelle ». J’aime beaucoup cette progression : d’abord une eau, puis une source vive. Qui sait donc ce que pourra produire plus tard ce que nous recevons dès aujourd’hui de Jésus ? Qui sait ce que la lecture d’une parole de la Bible, une confession faite, une communion reçue, un temps de prière, un petit acte de charité, pourront donner comme fruits pour nous et pour d’autres plus tard ?

On voit déjà le changement opéré dans la vie de cette Samaritaine après une simple discussion au bord d’un puits avec Jésus. Alors pour nous ? Si nous nous y risquions davantage ?..

…  Père Jean-Brice Callery

Edito du 20 mars 2011

« N’ayez pas peur ! »

Cette parole de Jésus lors de sa transfiguration tombe toujours bien. Aujourd’hui encore, au milieu des catastrophes naturelles au Japon, mais aussi au milieu des conflits en Lybie ou en Côte d’Ivoire, elle vient nous rassurer opportunément.

Le Christ, avant même sa résurrection, et plus encore avant la nôtre à la fin du monde, nous dit qui il est véritablement, et que la voix du Père proclame en haut du Mont Tabor en ces termes : « Celui-ci est mon Fils bien–aimé, en qui j’ai mis tout mon amour ; écoutez-le ! » Cette révélation, Notre Père l’avait déjà donnée lors du baptême de Jésus par Jean au Jourdain, mot pour mot.

Nous n’avons donc pas à attendre Pâques pour entrer dans cet amour en écoutant et en regardant Jésus.

Profitons en particulier de l’émouvante exposition du linceul de Turin dans notre église pour cela. La puissance d’amour et la majesté qui se dégagent du visage du linceul peuvent réellement rejoindre chacun d’entre nous tel qu’il est aujourd’hui.

Car finalement, quel que soit le moment de la vie terrestre du Christ, et quels que soient les moments de nos vies terrestres (joyeux, lumineux, douloureux, glorieux..), c’est toujours le bon moment pour regarder et pour écouter le Christ. C’est toujours le bon moment pour nous laisser aimer et pour aimer, envers et contre tout. Pour prier et pour agir !

… Père Jean-Brice Callery

Edito du 13 mars 2011

Un carême ‘chrysalide’

Dans le dictionnaire on trouve cette définition de la chrysalide : « état intermédiaire par lequel passe la chenille avant de devenir papillon ». Il y a aussi un sens figuré : « sortir de sa chrysalide, de l’obscurité, prendre son essor ».

Voilà en quelques mots l’intérêt de vivre un nouveau Carême pour nous.

Si la 1ère lecture de ce jour nous montre clairement notre état de pécheurs (chapitre 2 du livre de la Genèse), et la seconde notre état de rachetés (chapitre 5 de la lettre aux Romains), c’est l’Evangile des tentations (chapitre 4 de saint Matthieu) qui nous dit comment passer d’un état à un autre.

A savoir, accepter de partir au désert avec Jésus pour qu’il nous purifie de nos avidités d’avoir, de pouvoir, de savoir.

Accepter d’avancer dans cet état intermédiaire où l’illumination du Christ ressuscité passe encore pour nous par la purification de la croix.

Accepter ces moyens que Jésus nous offre pour libérer en nous la puissance de sa grâce, de son amour : la prière, le jeûne, le partage.

Bon nouveau Carême à tous et à chacun, aidons-nous les uns les autres à sortir de nos chrysalides…

… Père Jean-Brice Callery