Les éditos du Curé

« Le temps est limité. »

Par définition. Sans quoi ce ne serait pas du temps, ce serait de l’éternité.

Or nous sommes faits pour l’éternité. La beauté du monde, notre conscience et la
Révélation biblique crient notre désir d’éternité.

C’est pourquoi saint Paul nous invite à user des choses du temps au regard de
l’éternité.

Et donc de garder une distance intérieure (infinie !) entre les choses, les événements,
les personnes, et cet appel à du ‘toujours’ auquel précisément les choses,
les événements et les personnes ne peuvent apporter de réponse satisfaisante.

Non pas pour sombrer dans l’indifférence égoïste vis-à-vis des choses de ce monde.
Bien au contraire, pour les aborder dans la seule perspective qui leur permettra de
durer : la perspective divine.

Oui, pour garder nos amis, nos maris, nos femmes, nos enfants, nos parents, et même
les réalités physiques et construites dans ce monde, Jésus nous appelle à « laisser
nos filets et à le suivre ». Bref, pour tout garder, à tout donner. Pas trop de la brève
durée d’une vie sur terre pour nous apprivoiser à cette éternité divine.

                                                                                     +Père Jean-Brice Callery

« Tu m’as appelé, me voici »

Je ne suis pas sûr que ces paroles du jeune Samuel interpellé par le Seigneur dans son sommeil nous viennent spontanément à l’esprit quand nous nous réveillons le matin.

Elles nous seraient sans doute pourtant profitables !

Même si nous n’entendons pas le Seigneur chaque matin nous appeler par notre prénom, le simple fait de nous réveiller vivants est un signal d’appel de sa part.

Chaque jour en effet le Seigneur, comme pour Samuel, vient se placer près de nous, et nous appelle « comme les autres fois ».

Rachetés très cher par la mort et la résurrection de Jésus, nous avons encore plus de raisons que Samuel de dire chaque matin au Seigneur « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute ». En effet, nous dit saint Paul en ce jour, nous ne nous appartenons plus à nous-mêmes, notre corps est le Temple de l’Esprit-Saint. C’est en nous désormais que le Seigneur veut établir sa demeure habituelle, y transposer d’une certaine façon toute son intimité trinitaire, nous  faire communier de l’intérieur à sa propre Vie.

Le Seigneur vient se placer près de nous, plaçons-nous et restons près de lui.

+Père Jean-Brice Callery

« Ton cœur frémira et se dilatera »

C’est la prophétie d’Isaïe en cette solennité de l’Epiphanie.  La venue des Rois Mages à Bethléem vient le manifester publiquement. Non, le Christ n’est pas réservé au petit peuple juif, il est vraiment donné à tous.

C’est dans cet esprit de gratuité que je veux aussi rendre grâce aujourd’hui pour mon ordination comme prêtre il y a dix ans. Prêtre non pour moi, mais pour vous, par vous aussi. Gratuitement, sans mérite au préalable. Une amie religieuse évoque en ces mots cet anniversaire ‘épiphanique’ :

« Le mage arriva, avec un peu de retard –il faut bien le dire- à Bethléem… Pourtant, il connaissait le chemin ! Chaque année, depuis dix ans, il venait déposer aux pieds d’un ENFANT un cadeau, fruit de labeurs et de sacrifices répétés… Drôle de cadeau : des personnes !… toutes si différentes et aussi des choses que seul l’Enfant voyait… Cette année-là, il avait –pensait-il- particulièrement atteint son but – dix ans, vous pensez, cela compte dans une vie… Le sourire de l’Enfant – un rien malicieux- qui l’enveloppait tout entier, lui semblait plus lumineux, plus intense… Tout étonné, il entendit, dans le silence de son cœur : « Fidèlement tu viens à moi depuis dix ans, mais c’est Moi qui suis VENU pour toi, pour tous… et tu n’aurais pu faire ce chemin si je ne t’avais attiré à Moi. Tu cherches à M’aimer, à me prouver ton amour depuis dix ans… mais Moi, je t’ai aimé, choisi depuis… avant la fondation du monde ».  Le mage leva les yeux et se perdit dans le REGARD de l’ENFANT. En repartant de Bethléem, il ne songeait plus guère à ce qu’il pourrait Lui apporter une autre fois, qu’à la Plénitude et la Vérité qui l’avaient envahi : celle d’être AIME, immensément aimé par Celui dont il se disait le serviteur… »

Puisse mon cœur de prêtre continuer de frémir et de se dilater… Pour vous, pour tous, pour Lui 

                          
+Père Jean-Brice Callery

Dieu sous la tente…

C’est le constat alarmé que fait le roi David, alors qu’il se trouve « enfin installé dans sa maison », passant « des jours tranquilles ».

Et c’est celui que nous pouvons faire encore aujourd’hui en contemplant les crèches qui s’aménagent dans nos églises ou nos maisons. Dieu sous la tente, ou Dieu dans une grotte, cela continue de poser question, même si par ailleurs nous ne sommes pas tous hélas ‘enfin installés dans nos maisons’ en train de passer des jours tranquilles…

Or le Seigneur, depuis sa tente ou depuis sa grotte, nous promet paradoxalement de nous construire, lui, une maison ‘tranquille’, en habitant au milieu de nous, comme une vive flamme d’Amour dans les lampes fragiles de nos âmes, comme une Parole vivifiante dans nos voix vacillantes. L’Intouchable par excellence, notre Dieu Tout-Puissant, a choisi de se laisser approcher, toucher, en habitant parmi nous, depuis Noël… et pour toujours.

Plusieurs fêtes vont accompagner pour nous ces jours de Visitation divine, ces jours de Noël : Saint Etienne le 26 décembre, Saint Jean le 27, les Saints Innocents le 28, la Sainte Famille le 30, et la Vierge Marie Mère de Dieu le 1er janvier. Que ces fêtes viennent donner un sens plus profond aux rencontres de familles que beaucoup d’entre nous vont connaître pendant ces jours. Que nos relations de familles et d’amitié sur la terre soient éclairées par ces relations de famille et d’amitié au Ciel.

Belles fêtes de Noël en ce sens à vous tous J

+Père Jean-Brice Callery

Le Prince de la Paix

Ce titre magnifique du spectacle du samedi 3 décembre dernier a donné le ‘la’ à la neuvaine de mission qui s’achève aujourd’hui.

Comment ne pas rendre grâce à Dieu pour la présence missionnaire des Pères Thomas Lunot, Audace Manirambona, Michel Claeys et du frère Alain Libouban tout au long de ces jours ? A travers leur prière d’abord, les visites, les soirées-mission, ils ont « élargi l’espace de nos tentes », pour reprendre une expression biblique. La mission de connaître et d’aimer le Christ, Prince de la Paix, et de le faire connaître et aimer, n’a pas commencé ni fini avec eux. Mais elle a pu pour nous, à différents titres, franchir une nouvelle étape.

Saint Jean de la Croix, fêté le 14 décembre, compare le mystère du Christ à une mine d’or aux filons inépuisables. Ce que Saint Jean-Baptiste prophétisait en annonçant « Celui qui se tient au milieu de nous et que nous ne connaissons pas ». Que nous n’avons pas fini de connaître !

La Vierge Marie s’est tenue tout près de nous au long de ces jours, et la consécration de notre paroisse, samedi 10, à son Cœur Immaculé, nous est donnée pour demeurer dans son rayonnement.

Qu’à travers elle « le Dieu de la Paix lui-même vous sanctifie tout entiers, et qu’il garde parfaits et sans reproche votre esprit, votre âme et votre corps, pour la venue de notre Seigneur Jésus-Christ : il est fidèle, le Dieu qui vous appelle : tout cela, il l’accomplira ».

Gaudete !

+Père Jean-Brice Callery

« Que tous aient le temps de se convertir.. »

Cette explication du ‘temps qui dure’ que donne saint Paul est une bonne nouvelle.

A la différence des anges qui se décident pour ou contre Dieu en un éclair, voici qu’à nous autres, êtres humains, le don du temps est accordé.

C’est sans doute la marque propre de ce temps d’Avent, distinct de Noël, du Carême, de Pâques. Un temps d’attention au temps lui-même. Un concentré de temps, pourrait-on dire, et d’attentes. Attente du renouvellement de Noël pour le monde, attente de la venue de Jésus en pleine gloire, attente de notre pleine conversion !

Un temps qui trouve son sens dans le désir qui doit être alors son corollaire.

La mission paroissiale de 9 jours que nous offrent les Pères de Saint-Vincent-de-Paul est là pour cela aussi. Nous n’en attendons pas tout, nous n’en attendons pas rien. Nous en attendons un élargissement d’attentions à Dieu, et les uns aux autres. A travers les soirées-mission, les visites, les temps de prière, de réconciliation et de partage.

Puisse le Prince de la Paix, que des affiches présentent sur les murs de notre église et qui est adoré en son sein, être plus personnellement, plus profondément, accueilli par chacun.

+Père Jean-Brice Callery

En AvEnt, marche !

Un peu facile, cette faute d’orthographe, mais bienvenue, cette réalité liturgique !

Car oui, un nouvel Avent nous est offert pour de nouvelles avancées.

Au sens strict, d’ailleurs, avec une marche-procession aux flambeaux,  ouverte à tous, samedi 10 décembre prochain, du relais Saint-Martin à l’église Saint-Cyr. Ce sera notre marche d’Avent cette année, accompagnée par les missionnaires de Saint-Vincent de Paul.

Marche d’Avent qu’un spectacle viendra entraîner, samedi 3 décembre, avec un titre magnifique : le Prince de la Paix ! Tout un programme, toute une promesse. Invitons largement à cette soirée dans l’église.

Plus largement encore, profitons de ces 9 jours de mission paroissiale à venir, pour participer et inviter au moins une personne de votre entourage à l’une des propositions offertes : adoration, café, laudes, messe, dans la matinée ; visite d’une personne malade ou isolée que vous nous aurez aidés à repérer ; bénédiction demandée pour votre appartement, votre maison ; occasion de recevoir le pardon de Dieu, sa libération, dans la confession ; soirée-mission témoignage d’une heure chaque soir, autour d’une question forte, comme celle du mardi 6 par exemple : « où est Dieu dans mes détresses ? ».

« Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais, Seigneur… » crie le prophète Isaïe aujourd’hui. C’est ce qui va se passer, soyons attentifs !

+Père Jean-Brice Callery

Que ton règne vienne !

Qu’est-ce à dire ? Que demandons-nous vraiment dans cette prière apprise par Jésus en personne à ses apôtres ?

La fête du Christ-Roi de ce dimanche peut nous aider à en approfondir le sens.

Ainsi dans la 1ère lecture (Ezéchiel) nous apprenons que Dieu règne comme un berger veille sur ses brebis. Il règne en venant les délivrer de toute dispersion, en les faisant reposer, en soignant les blessées, en rendant des forces à celles qui sont faibles… Vouloir, prier pour « que son Règne vienne », c’est donc vouloir cela.

Dans la seconde lecture, saint Paul en dit plus encore : Dieu règne dans la résurrection de Jésus, au-delà de toutes les puissances du mal et de la mort. Vouloir que le règne de Dieu survienne, c’est donc aspirer à la résurrection.

Enfin l’Evangile nous donne cette extraordinaire association de l’amour du prochain et de l’Amour de Dieu. Inséparables ! Régner, c’est servir. Donner à boire, à manger, des habits, visiter malades et prisonniers, bref, « faire du bien aux autres » sous toute ses formes, c’est aider Dieu à régner. En commençant par le laisser régner en nous en le choisissant pour Roi. En lui remettant profondément la conduite de notre vie.

+Père Jean-Brice Callery

Des talents pour la mission !

L’évangile de ce dimanche tombe à point nommé pour lancer notre attention à la mission paroissiale qui nous touchera tous du 3 au 11 décembre prochains. Pendant cette neuvaine de jours, trois prêtres missionnaires viendront nous partager un charisme propre à saint Vincent-de-Paul : aider des paroisses à approfondir et élargir la mission d’évangélisation que le Christ nous confie. A tous ! A travers la prière de la mission que vous trouvez ci-dessous, chacun pourra déjà détecter au moins un de ses talents, pour que l’amour du Christ soit porté plus loin, plus profond. Ne serait-ce qu’en donnant personnellement un tract à quelqu’un !

Nous n’existerions pas si nous n’avions pas au moins un talent à exercer. Que la Vierge Marie, à qui notre paroisse sera spécialement confiée pendant ces jours, nous aide à les reconnaître et à nous en servir.

Prions ensemble en ce sens : Toi, Notre Dame, qui porte le monde près de ton Cœur, écoute la prière de tes enfants : Au cours de cette Mission, que nous sachions renouveler la vie de notre paroisse appelée à l’amour fraternel. Nous te confions les personnes éloignées de l’Église qui peut-être la découvriront sous un jour nouveau. Que nous sachions accueillir la Parole de Dieu comme Toi, Marie, en qui le Verbe s’est fait chair. Nous te confions les enfants et les jeunes qui vont la mettre en scène lors de la Mission. Que nous sachions nous rapprocher de ton Fils réellement présent dans la Sainte Eucharistie. Nous te confions les malades qui seront visités par les missionnaires de Saint Vincent de Paul. Sainte Marie, en cette Mission, donne-nous la joie de recevoir le pardon de Dieu et de désirer la sainteté. Amen !

+Père Jean-Brice Callery

Mémento des défunts

Un mémento, c’est d’après le dictionnaire une prière de souvenir.

Le mot lui-même, d’origine latine, veut dire précisément « souviens-toi ».

Et c’est ce que nous demandons explicitement à Dieu au cours de chaque messe pour nos frères et sœurs défunts. De se souvenir d’eux, au sens le plus fort du terme. De faire mémoire d’eux pour actualiser son salut pour chacun.

La messe est un soleil qui déploie sa lumière tous azimuts. Mais en particulier à chaque fois, oui, et ce mois de novembre nous le rappelle plus instamment, en direction de nos frères défunts. Ainsi chaque prière eucharistique (il y en a 4 plus habituelles) a un couplet explicite pour les défunts, appelé justement ‘Mémento des défunts’. Par exemple au cours de la prière eucharistique n°2, la plus usuelle : « Souviens-toi aussi de nos frères qui se sont endormis dans l’espérance de la résurrection, et de tous les hommes qui ont quitté cette vie : reçois-les dans ta lumière, auprès de toi ».

Ou encore, de manière plus développée dans la prière eucharistique n°3 pour les messes dites ‘des défunts’ : « Souviens-toi de ceux que tu as appelés auprès de toi aujourd’hui. Puisqu’ils ont été baptisés dans la mort de ton Fils, accorde-leur de participer à sa résurrection le jour où le Christ, ressuscitant les morts, rendra nos pauvres corps pareils à son corps glorieux. Souviens-toi aussi de nos frères défunts, souviens-toi des hommes qui ont quitté ce monde et dont tu connais la droiture : reçois-les dans ton Royaume où nous espérons être comblés de ta gloire, tous ensemble et pour toujours, quand tu essuieras toute larme de nos yeux ; en te voyant, toi notre Dieu, tel que tu es, nous te serons semblables éternellement, et sans fin, nous chanterons ta louange par le Christ, notre Seigneur, par qui tu donnes au monde toute grâce et tout bien ».

Mémento…

+ Père Jean-Brice Callery