« Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.
À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » Jn 13

C’est le grand commandement que Jésus nous laisse au soir du Jeudi Saint. Tout est bien sûr dans ce mot « comme ». Les chrétiens n’ont pas le monopole de l’amour. Mais ils sont appelés – eux – à aimer comme Jésus aime. Pas seulement aimer. Aimer comme Jésus. A la façon de Jésus. Aimer aussi parce que Jésus nous a aimés. Nous n’aurons jamais terminé d’apprendre à aimer ainsi. Nos propres forces ou notre bonne volonté ne suffiront pas pour y parvenir. Ce sera l’œuvre de Jésus en nous. La charité est une vertu théologale : un don de Dieu, qu’il faut demander dans la prière et exercer pour qu’il fructifie.

Ce qui est intéressant, c’est que Jésus en fait le « marqueur » pour authentifier notre appartenance à la famille de ses disciples, et le fondement du rayonnement missionnaire de toute communauté. Il y a là quelque chose de très profond à méditer : notre crédibilité vis-à-vis du monde se jouera d’abord sur notre capacité à aimer notre prochain. Cette charité authentiquement chrétienne – qui ne cache pas cette dimension chrétienne – reste sans doute ce qui peut toucher les cœurs et les intelligences de nos contemporains. Elle les rend disponibles à l’annonce explicite du message chrétien. Que cette certitude s’inscrive dans nos esprits, et nous accompagne dans toutes nos rencontres. Qu’elle puisse aussi éclairer notre vie en paroisse ! L’enjeu est immense…

Abbé GROSJEAN, curé +

Edito du 19 mai 2019