Les éditos du Curé

Voyage du pape dans l’océan indien

« Chers frères et sœurs, hier, je suis rentré de mon voyage apostolique au Mozambique, à Madagascar et à l’Île Maurice, où j’ai annoncé le Christ espérance du monde et levain de fraternité, de liberté, de justice et de paix. Au Mozambique j’ai voulu répandre des semences d’espérance, de paix et de réconciliation sur une terre qui a tant souffert d’un long conflit armé et qui, au printemps dernier, a été frappé par deux cyclones qui ont causé de graves dommages. J’ai particulièrement encouragé les jeunes à répandre l’amitié sociale et à tirer profit des traditions des anciens. Lors de la messe a résonné l’appel de Jésus : Aimez vos ennemis, semence de la révolution de l’amour, qui éteint la violence et génère la fraternité. A Madagascar, j’ai souhaité que le peuple malgache conjugue le respect de l’environnement et la justice sociale. Dans cette perspective, j’ai visité la Cité de l’amitié-Akamasoa, fondée par le Père Pedro Opeka : là on cherche à unir travail, dignité, soin des plus pauvres, éducation des enfants. Le tout animé par l’Évangile. La rencontre avec les moniales contemplatives a voulu signifier que, sans la foi et la prière, on ne construit pas une cité digne de l’homme. La journée de lundi a été consacrée à l’Île Maurice, lieu d’intégration entre diverses ethnies et cultures. L’Évangile des Béatitudes, lu lors de la messe en mémoire du bienheureux Jacques-Désiré Laval, Apôtre de l’unité mauricienne, est un antidote contre la tentation d’un bien-être égoïste et discriminatoire, et le levain d’un vrai bonheur, fait de miséricorde, de justice et de paix. Demandons à Dieu que les semences jetées au cours de ce voyage portent des fruits abondants. »

audience générale du Pape François – mercredi 11 septembre 2019

Ouvriers à la vigne !

Les enfants ont repris le chemin de l’école, chacun trouve son équilibre dans cette nouvelle année scolaire et arrive le moment des résolutions ! Les fameuses bonnes résolutions que nous nous apprêtons à prendre en espérant ne pas les abandonner d’ici la fin de la semaine !

Une magnifique résolution est de donner du temps pour les autres. C’est important de donner du temps aux autres. On pense ne pas avoir de temps et on s’en découvre. On pense être généreux et on s’aperçoit que l’on reçoit plus qu’on ne l’imaginait !

Permettez-moi d’insister lourdement pour les besoins de la paroisse. Les engagements ne manquent pas au début de l’année et plein d’univers méritent notre action de chrétien. Cependant, la paroisse a besoin de vous ! Les besoins sont nombreux et variés. Vous pouvez certes attendre que je vienne vous appeler et vous solliciter mais l’appel au don généreux de votre vie retentit en vous depuis votre baptême ! Le Seigneur parle en vous ! Osez venir vous proposer ! La vigne nous attend !

 

Père Antoine ROLAND-GOSSELIN, curé

édito du 8 septembre 2019

C’est la rentrée !

Les écoliers – et parfois des personnes plus âgées – voient souvent la rentrée avec beaucoup de tristesse. Cependant, nous savons que la reprise de nos activités vient aussi nous donner la perspective de nous engager avec dynamisme et joie dans ce monde qui s’ouvre devant nous. Quelles merveilles allons-nous vivre et bâtir cette année ? Quel projet un peu fou suis-je prêt à mettre en place pour l’amour de Dieu ?

Pour moi, cette rentrée est synonyme d’une grande joie, celle de vous rencontrer et d’apprendre à connaître cette communauté que nous allons former pendant les prochaines années.

Un cap nous est donné par le Pape. En effet, au mois d’octobre, les paroisses du monde sont invitées à vivre des projets missionnaires. N’ayant pas pu préparer ensemble ce mois et pour ne pas passer à côté, je vous propose de choisir comme mot d’ordre de notre année la perspective de la mission. Il s’agira, et vous m’entendrez vous interpeller sur ce sujet, de voir quel projet, quelle initiative mais peut-être aussi, et encore plus, quelle attitude personnelle il faut convertir et changer pour correspondre à ce que le Christ attend de nous.

Père Antoine ROLAND-GOSSELIN, curé

DÉPARTS

Il y a des « moyens » départs, comme celui d’un curé : dernière messe, dernier édito… l’émotion est grande, je ne vous le cache pas. J’ai été si heureux avec vous ! Je pense aussi à ceux d’entre nous qui déménagent, après parfois de longues années vécues dans la paroisse. Ce n’est pas facile de consentir à quitter, à laisser la place, à repartir ailleurs. Mais Dieu nous fait grandir à travers ces heures. Il nous rappelle que nous sommes de passage, serviteurs et non propriétaires. Nos attachements terrestres ne peuvent être un obstacle à la mission : Dieu premier servi ! Ainsi « l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme »… Tout comme la jeune fille qui rentre au monastère, ou le garçon au séminaire : il leur faut consentir à partir pour accomplir leur vocation.

Il y a des « petits » départs : le jeune qui part en camp scout, la famille qui part en vacances, le couple qui part en amoureux pour un WE sans enfants, le chrétien qui part faire une courte retraite, l’étudiant qui part en stage à l’étranger pour quelques mois, ou celle qui part servir les pauvres pendant un an, au loin…  Départs qui sont toujours une occasion de grandir, de prendre le large, de la hauteur, du temps. Pour mieux revenir ! Faire retraite… pour se donner à nouveau.

Tout cela nous prépare au « grand » départ, quand nous quitterons cette vie pour aller à la rencontre du Seigneur. Il nous faudra avoir le cœur libre et les mains ouvertes.  Il nous faudra avoir l’âme prête pour la rencontre. Apprendre à partir, c’est apprendre en quelque sorte à vivre et se préparer à mourir… pour vivre avec Lui. C’est se souvenir de notre état de pèlerin ici-bas. C’est se rappeler qu’aucun attachement terrestre, si légitime soit-il, ne doit nous empêcher d’avancer au large, de marcher vers les hauteurs, d’accomplir notre vocation. Bien sûr, ce sera toujours une joie de vous recroiser dans les Yvelines. Mais l’essentiel est qu’au Ciel, nous puissions nous retrouver ! C’est ma prière de prêtre et de curé : que nul ne se perde !  Chacun est attendu ! Chacun est aimé infiniment !

En rendant grâce une dernière fois pour cette belle paroisse de St Cyr l’École et pour chacun de vous, en vous redisant ma joie de vous avoir servis comme curé pendant ces 7 années, je me confie à votre prière et vous garde précieusement dans la mienne.

A toujours !

Abbé Pierre-Hervé Grosjean +

Libres pour aimer !

Saint Paul écrit ainsi aux Galates : « Vous, frères, vous avez été appelés à la liberté. Mais que cette liberté ne soit pas un prétexte pour votre égoïsme ; au contraire, mettez-vous, par amour, au service les uns des autres. »
Il nous aide à découvrir le vrai sens de notre liberté. Celle-ci ne consiste pas à faire « tout ce qu’on veut », en étant finalement esclave de nos désirs, de nos envies, ou de nos manques d’envie. La vraie liberté est un don de Dieu, pour nous rendre capables de choisir librement de nous donner, de dire « oui ». Celui qui donne sa confiance au Seigneur, et choisit librement de le suivre devient libre ! Celui qui choisit librement d’aimer pour toujours devient libre en s’attachant à sa femme, à son mari… Étonnant paradoxe mais vérité bienheureuse ! Celui qui se met au service de ses frères se libère de son égoïsme, et trouve sa joie à se donner. Les 9 prêtres qui vont être ordonnés ce dimanche pour notre diocèse posent un acte de liberté magnifique, en offrant librement leur vie « pour la gloire de Dieu et le salut du monde ». La liberté est faite pour dire « oui » au vrai bien, au bonheur véritable pour lequel nous sommes faits et que le Christ est venu nous proposer. Il va même jusqu’à nous rendre libres réellement, en restaurant notre liberté souvent blessée ou fragilisée, pour nous aider à choisir le vrai, le beau, le bien. La liberté grandit quand elle est mise au service de l’amour vrai !
Abbé GROSJEAN, curé +

« Donnez-leur vous-mêmes à manger ! »

C’est la mission que donne Jésus à ses apôtres, en considérant la foule venue l’écouter, et la faim qui commence à se faire sentir. Jésus sait bien que lui seul peut réaliser le miracle… mais s’il peut tout faire, il ne veut en même temps rien faire sans nous, sans notre coopération. C’est à partir du peu que pourront lui apporter les apôtres, qu’il va réaliser ce miracle qui annonce un autre pain, une autre nourriture : la Sainte Eucharistie que nous célébrons ce dimanche.
C’est aussi ce que j’ai essayé de faire pendant ces sept années passées à vous servir comme curé ici à Saint Cyr l’Ecole. Mettre ce que je suis, avec mes talents et mes limites, avec mes grands désirs et ma pauvreté, entre les mains du Seigneur, pour qu’Il puisse vous nourrir. J’ai voulu de tout mon cœur faire de mon mieux pour vous donner Dieu, sa présence et son pardon. Joie immense pour moi, prêtre, de voir que Dieu s’est donné par l’intermédiaire de mon ministère, joie de servir cette rencontre entre chacun de vous et Dieu lui-même. Tristesse de voir que j’ai pu être parfois un obstacle à cette rencontre. Merci, pardon… s’il vous plaît ! S’il vous plaît, restez cette belle communauté que vous êtes, qui aime ses prêtres et les rend heureux ! S’il vous plaît, priez pour moi et ma nouvelle mission. Que je sois fidèle à l’appel du Seigneur, et grandisse encore en générosité pour le servir. S’il vous plaît, soyez toujours plus missionnaires : que Jésus soit connu et aimé, pour que tous soient sauvés ! Et surtout, s’il vous plaît, n’oubliez jamais que vous avez chacun un prix immense aux yeux de Dieu, tels que vous êtes. Qu’il a donné sa vie pour chacun de nous. Pour que dans notre vie, ni le mal, ni notre péché ni la mort n’aient le dernier mot… Que rien ne nous décourage ! Que notre joie demeure…

Abbé Grosjean – qui aura été avec vous et pour vous un curé heureux !

« L’espérance ne déçoit pas…

… puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné. » C’est ainsi que Saint Paul encourage les premiers chrétiens de Rome dans son épître. Il écrit à des chrétiens courageux : se convertir au christianisme à cette époque, cela veut dire risquer sa vie. Ils ont besoin d’une espérance qui les tienne. Une espérance qui ne déçoit pas… C’est l’espérance chrétienne. Elle est fondée sur l’amour de Dieu qui nous a été donné. Nous sommes chacun assuré d’être aimé personnellement par Dieu lui-même. Nous sommes certains qu’Il prend soin de nous. Nous savons qu’Il tient ses promesses. Promesse d’une vie non pas facile ou épargnée, mais d’une vie fructueuse, sur laquelle ni le péché ni la mort n’auront le dessus. Promesse de vie éternelle, déjà commencée. Cet amour de Dieu, cette amitié divine est notre plus grand trésor. Il nous faut en prendre soin ! C’est cette amitié qui nous ouvrira les portes du Ciel. Demandons à l’Esprit Saint de la raviver sans cesse, de la renouveler, de la rendre toujours plus jeune, plus ardente… et de nous en faire souvenir ! Rien de plus triste qu’un chrétien qui a oublié le don de Dieu. Rien de plus beau qu’un pauvre – comme chacun de nous – qui malgré ses limites et ses faiblesses, garde précieusement comme son plus grand trésor cette amitié de Dieu, la cultive de son mieux et s’en réjouit chaque jour !

Abbé GROSJEAN, curé +

Edito du 16 juin 2019

VIENS ESPRIT SAINT !

En cette fête de la Pentecôte, nous est donnée à chacun la grâce de renouveler notre confirmation, cet accueil de l’Esprit Saint dans notre vie. C’est la puissance de Dieu qui vient réaliser en nous cette œuvre de sainteté, qui est bien le projet de Dieu pour chacun de nous. Tel l’artisan qui travaille la matière brute pour en faire un chef d’œuvre, l’Esprit Saint vient œuvrer en nous dans le silence, pour faire de nous les saints et les témoins que le monde attend et que Dieu veut. Pour évoquer cette action de l’Esprit Saint, et nous éclairer sur ce que nous pouvons lui demander, rien de mieux que de reprendre la Séquence de Pentecôte :

Viens, Esprit Saint, en nos cœurs
et envoie du haut du ciel
un rayon de ta lumière
Ô lumière bienheureuse,

viens remplir jusqu’à l’intime

le cœur de tous tes fidèles.

À tous ceux qui ont la foi

et qui en toi se confient

donne tes sept dons sacrés.

Viens en nous, père des pauvres,

viens, dispensateur des dons,

viens, lumière de nos cœurs.

Sans ta puissance divine,

il n’est rien en aucun homme,

rien qui ne soit perverti.

Donne mérite et vertu,

donne le salut final,

donne la joie éternelle. Amen

Consolateur souverain,

hôte très doux de nos âmes,

adoucissante fraîcheur.

Lave ce qui est souillé,

baigne ce qui est aride,

guéris ce qui est blessé.

 
Dans le labeur, le repos ;

dans la fièvre, la fraîcheur ;

dans les pleurs, le réconfort.

 

Assouplis ce qui est raide,

réchauffe ce qui est froid,

rends droit ce qui est faussé.

 

 

Abbé GROSJEAN, curé +

Edito du 9 juin 2019

 

« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix »

Alors que les apôtres sont effrayés par ce qui se profile, Jésus leur fait cette promesse au soir du Jeudi Saint.  C’est une promesse que nous retrouvons comme en écho dans la liturgie, et à plusieurs reprises dans l’Écriture.

La paix dont parle Jésus n’est pas la promesse d’une vie tranquille, sans conflit ni difficulté. Ce n’est pas non plus une paix artificielle, reposant sur un consensus mou qui ne respecterait pas la vérité. Ce n’est pas enfin la paix du plus fort, qui impose le silence au plus faible. « Ce n’est pas à la manière du monde » que Jésus nous donne la paix. Cette paix, elle est d’abord le fruit de la réconciliation de l’homme avec Dieu : « Vous qui étiez devenus des ennemis (de Dieu), Il vous a réconciliés dans son corps de chair, le livrant à la mort» écrit Saint Paul, avant de préciser : « Il a fait la paix par le sang de sa croix, la paix pour tous les êtres.» (Col 1, 20). Cette paix intérieure est un don de Dieu qui vient de sa présence à nos côtés, dans les joies comme dans les peines : « Je m’en vais, mais je reviens vers vous ». Nous trouverons la paix auprès de Lui, au Ciel mais dès maintenant dans la prière, en accueillant sa présence dans les sacrements, par lesquels Il nous promet de venir « faire sa demeure » en nous. Cette paix de Dieu consiste enfin comme l’enseigne St Augustin dans la « tranquillité de l’ordre ». Quand notre vie est ordonnée, quand Dieu y garde la première place… Mais c’est vrai aussi pour notre monde : la paix sera « le fruit d’un ordre qui a été implanté dans la société humaine par son divin Fondateur, et qui doit être mené à la réalisation par des hommes aspirant sans cesse à une justice plus parfaite » (Vatican II). La paix durable et véritable sera ainsi le fruit d’une coopération entre Dieu et l’homme. Bienheureux les artisans de cette paix !

Abbé GROSJEAN, curé +

Edito du 26 mai 2019

CHARITE ET MISSION

« Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.
À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » Jn 13

C’est le grand commandement que Jésus nous laisse au soir du Jeudi Saint. Tout est bien sûr dans ce mot « comme ». Les chrétiens n’ont pas le monopole de l’amour. Mais ils sont appelés – eux – à aimer comme Jésus aime. Pas seulement aimer. Aimer comme Jésus. A la façon de Jésus. Aimer aussi parce que Jésus nous a aimés. Nous n’aurons jamais terminé d’apprendre à aimer ainsi. Nos propres forces ou notre bonne volonté ne suffiront pas pour y parvenir. Ce sera l’œuvre de Jésus en nous. La charité est une vertu théologale : un don de Dieu, qu’il faut demander dans la prière et exercer pour qu’il fructifie.

Ce qui est intéressant, c’est que Jésus en fait le « marqueur » pour authentifier notre appartenance à la famille de ses disciples, et le fondement du rayonnement missionnaire de toute communauté. Il y a là quelque chose de très profond à méditer : notre crédibilité vis-à-vis du monde se jouera d’abord sur notre capacité à aimer notre prochain. Cette charité authentiquement chrétienne – qui ne cache pas cette dimension chrétienne – reste sans doute ce qui peut toucher les cœurs et les intelligences de nos contemporains. Elle les rend disponibles à l’annonce explicite du message chrétien. Que cette certitude s’inscrive dans nos esprits, et nous accompagne dans toutes nos rencontres. Qu’elle puisse aussi éclairer notre vie en paroisse ! L’enjeu est immense…

Abbé GROSJEAN, curé +

Edito du 19 mai 2019