Les éditos du Curé

L’Esprit Saint en quatre verbes : comprendre – aimer – agir – transmettre

En cette fête de la Pentecôte, nous avons l’occasion de renouveler notre prière à l’Esprit Saint mais aussi peut-être d’approfondir notre compréhension de son action. Pourquoi nous est-Il donné ?

L’Esprit vient nous faire comprendre d’abord ce que nous avons reçu et ce que nous sommes. Par ses dons d’intelligence, de science, de sagesse, de conseil, Il nous éclaire pour qu’on puisse entrer dans le mystère de Dieu.
Il nous aide à comprendre l’Amour du Père, ce que Jésus a fait pour nous, le projet de sainteté que le Seigneur a pour chacun.

L’Esprit Saint nous est donné pour aimer. Par le don de piété filiale, Il vient embraser nos cœurs. Après avoir compris de quel Amour nous avions été aimés, l’Amour appelant l’amour, nous sommes appelés à aimer à notre tour le Seigneur et nos frères. L’Esprit nous sort de notre tiédeur et nous donne d’aimer Dieu avec ferveur. Quand la prière se fait difficile ou aride, quand la charité nous coûte,  il nous faut nous rappeler que cette capacité d’aimer reste d’abord un don à demander et à recevoir.

L’Esprit nous est donné pour agir en chrétien, en cohérence avec ce que nous sommes. Le don de force est bien précieux dans le combat spirituel que nous vivons, pour choisir le bien et éviter le mal.

Enfin, l’Esprit nous est offert pour nous porter dans la mission, et fait de nous des apôtres chargés de transmettre l’évangile. Il nous inspire les paroles et les gestes susceptibles de toucher le cœur et l’intelligence de nos frères. Nous sommes appelés à en devenir les instruments fidèles et dociles.

Père Pierre-Hervé GROSJEAN+

Edito du 20 mai 2018

« Je les ai envoyés dans le monde. »

Nous continuons de méditer l’évangile de Saint Jean, et en particulier ces confidences et paroles de Jésus au soir du Jeudi Saint.
Ce dimanche, nous l’entendons prier. Un instant, il s’est arrêté de parler à ses apôtres et s’est mis à prier son Père. Nous écoutons ce qu’Il demande à son Père du Ciel pour nous… D’abord l’unité. Ce sera le souci permanent de l’Eglise : rassembler ceux qui veulent suivre Jésus autour de la seule foi qui sauve, du seul évangile, sous la conduite d’un seul chef, vicaire du Christ. Notre unité est aussi un signe à donner au monde pour qu’il puisse croire. Ensuite la joie. Que les chrétiens puissent connaître la joie de Jésus, en y étant associés. Cette joie sera leur rempart contre la haine du monde. Enfin, qu’ils tiennent bon à leur place dans le monde. Qu’ils se comprennent « envoyés », « en mission » dans ce monde. Certes, ils ne sont pas du monde : nous sommes voulus par Dieu et nous allons à Lui. Mais Dieu nous a envoyé dans ce monde, tel qu’il est, pour le servir et l’aider à accueillir le Salut qui lui est offert. Une présence chrétienne dans le monde qui a toujours besoin d’être repensée dans ses modalités, son expression, sa visibilité mais qui ne peut disparaître… au nom même de la charité ! Être là, fidèles à servir et à témoigner de la Vérité, où Dieu nous a envoyés, est la première des charités à offrir à ce monde.

Père Pierre-Hervé GROSJEAN+

Edito du 13 mai 2018

« CE QUE JE VOUS COMMANDE…

…c’est de vous aimer les uns les autres, comme je vous ai aimés ».
Les mots de Jésus ne sont pas choisis par hasard. Il ne dit pas « ce que je vous souhaite » ou « ce que j’aimerais », mais « ce que je vous commande ». On peut y trouver plusieurs raisons, mais sans doute est-ce pour nous faire comprendre combien il est impératif pour l’homme, s’il veut trouver la joie, d’apprendre à aimer à l’école de Jésus. Il ne s’agit pas simplement d’aimer comme le monde l’entend. Ce mot est souvent bien affadi, parfois même travesti ou caricaturé. Il s’agit d’aimer «  en acte et en vérité », à la façon dont Jésus a aimé, c’est-à-dire en donnant sa vie. L’amour authentique implique de donner sa vie. Le don total de sa vie – d’une façon ou d’une autre – est le signe d’un amour vrai. Cet amour-là porte du fruit, et nous offre de faire l’expérience d’une joie réelle. On a souvent opposé l’amour et la loi. Or cet amour ne dispense pas d’obéir aux commandements.
Il vient accomplir ces commandements, en leur donnant tout leur sens. On les reçoit comme un moyen d’aimer, une aide pour aimer, et non un carcan qui empêcherait d’aimer. On obéit par amour et pour aimer. Cet amour est fécond, il portera du fruit. Le premier d’entre eux sera de nous faire entrer dans une relation d’amitié avec Jésus. Avec Jésus, le serviteur devient l’ami.

Père Pierre-Hervé GROSJEAN+

Edito du 6 mai 2018

Gaudete et exsultate !

Pour ceux qui ne seraient pas bilingues français-latin (!), cela veut dire : « Soyez dans la joie et l’allégresse ! ». Ce sont les premiers mots et donc le titre de la nouvelle exhortation du Pape François, adressée aux catholiques du monde entier. Un texte simple, assez court, accessible à tous. J’aimerais beaucoup que nous puissions tous le lire dans les prochaines semaines. On peut le commander en librairie mais le trouver aussi gratuitement sur internet, sur le site du Vatican par exemple.

Cette exhortation est un vibrant appel à la sainteté. Il n’y a pas de vie « médiocre » envisageable pour un baptisé : nous sommes tous appelés à être saints, amis de Dieu. Cette sainteté n’est pas réservée à une élite, à ceux qui seront connus, à ceux qui n’auraient aucun combat. Au contraire, dit le Pape : « Notre chemin vers la sainteté est aussi une lutte constante. Celui qui ne veut pas le reconnaître se trouvera exposé à l’échec ou à la médiocrité. ». Mais ce chemin âpre et long est en même temps et surtout un chemin de joie. Joie pour nous d’apprendre à aimer et à nous laisser aimer, et un jour de vivre avec Dieu dans un amour parfait. Joie de l’Eglise de nous voir grandir en sainteté, comme une mère voit grandir ses enfants avec fierté et bonheur. Joie pour le monde qui attend des témoins authentiques. Joie de Dieu qui réalise son œuvre en nous et accueille notre persévérance comme une preuve d’amour : « J’aime voir la sainteté dans le patient peuple de Dieu, dans cette constance à aller de l’avant chaque jour, je vois la sainteté de l’Eglise militante. » dit ainsi le Pape. Que chacun de nous accueille cette bonne nouvelle : Dieu veut faire de nous les saints dont le monde a besoin ! Que les paroles du Pape nous encouragent à oser y croire !

Père Pierre-Hervé GROSJEAN+

Edito du 15 avril 2018

Heureux ceux qui croient sans avoir vu !

Voilà une promesse explicite que Jésus fait en pensant à nous tous : nous sommes chrétiens non parce que nous aurions vu de nos yeux le Ressuscité, mais parce que nous avons cru au témoignage transmis depuis les apôtres. Nous avons décidé d’accorder notre confiance à ce témoignage, nous avons vu les fruits de cette foi dans la vie de beaucoup avant nous, nous avons fait l’expérience de la présence vivante et agissante du Seigneur à travers les sacrements, nous avons lu sa parole dans les Écritures transmises jusqu’à nous.

Tous ces signes n’imposent pas la foi. Ils nous aident à poser ce choix libre, profond et intime d’adhérer à cette foi que nous enseigne l’Église, c’est à dire de donner notre confiance à Jésus. Ce choix, il nous faut le faire une fois pour toutes et ensuite nous y accrocher. Il sera éprouvé, tant que nous ne voyons pas Jésus face à face. Il sera attaqué par les doutes, les difficultés de la vie, les raisonnements séduisants du monde. Il se confrontera à nos propres faiblesses, à notre difficulté de le vivre au quotidien. Mais notre joie sera dans notre fidélité à ce choix. C’est ce que nous promet Jésus. Et dans sa bouche, « Heureux » n’est pas un vain mot… Notre vie entière peut se fonder sur cette seule promesse. La foi est un don et un choix. Il nous faut la demander et la choisir, en reprenant la prière des apôtres : « Seigneur nous croyons… mais augmente en nous la foi ! »

Père Pierre-Hervé GROSJEAN+

Edito du 8 avril 2018

ALLELUIA ! VICTOIRE !

C’est l’immense cri d’allégresse et de joie qui éclate dans la nuit de Pâques ! Ce chant de victoire et de louange prend la place des cris de douleurs du vendredi saint, des larmes du calvaire. Le Christ est ressuscité, Il a terrassé le mal et vaincu la mort. Les portes du Ciel s’ouvrent à nouveau, le pardon est offert pour nos péchés, nous voilà tous appelés à la Vie. La rédemption de l’homme est réalisée : en offrant sa vie, Jésus nous a sauvé. Sa résurrection proclame et rend visible ce salut et sa victoire.

Le mal n’a pas disparu pour autant. Il se sait désormais vaincu, et sa rage est immense. Alors il ne peut qu’essayer de nous faire douter de cette victoire de Pâques. Il ne peut que tenter de nous en écarter. Mais il ne pourra rien y changer : il y a eu un matin de Pâques ! Cela transforme profondément notre vie. Le mal n’y aura jamais le dernier mot, si nous suivons Jésus pour qu’Il soit victorieux en nous, si nous nous laissons associer à sa victoire, par les sacrements et la prière.

Ce chant de victoire, il nous faut l’entonner sans cesse, nous le rappeler, mais aussi le transmettre à nos voisins, nos amis, nos proches. Cette joie doit se diffuser, et c’est désormais le sens de notre vie sur terre : faire connaître la joie de la résurrection, au cœur même des souffrances et des drames de ce monde. Annoncer le matin de Pâques, quand bien même le vendredi saint semble durer… Comment ne pas entendre ces mots de Marielle, l’épouse du Colonel Arnaud Beltrame, dont le sacrifice a ému la France entière ? Dans un entretien au journal La Vie, parlant de son époux défunt, elle ajoute au cœur de sa peine immense : « C’est avec beaucoup d’espérance que j’attends de fêter la résurrection de Pâques avec lui. »

Père Pierre-Hervé GROSJEAN+

Edito du 1er avril 2018

La grande semaine

C’est ainsi que les chrétiens appelaient autrefois la semaine sainte. Elle est effectivement le centre de toute notre année liturgique. On y fait mémoire de la passion, de la mort et de la résurrection de notre Seigneur Jésus Christ. Ce n’est pas seulement un souvenir que nous célébrons. Nous croyons qu’il nous est donné de revivre en quelque sorte ces évènements, puisque c’est bien pour nous, et pas seulement pour ceux qui vivaient il y a 2000 ans, que Jésus les a vécus. Ils sont comme « ré-actualisés » pour nous. Il nous est donné d’assister à nouveau à ces heures tragiques, douloureuses puis glorieuses, au cours desquelles Jésus nous a sauvés. En méditant ces évènements, en les revivant avec Jésus, nous comprenons peu à peu à quel point nous avons été aimés. Cette semaine sainte, vécue de tout cœur, ravive en nous notre foi, notre espérance, notre charité. Si Jésus a vécu cela pour nous, alors nous sommes sauvés et le mal est vaincu. Nos péchés peuvent désormais être pardonnés, nos blessures guéries, nos épreuves n’auront pas le dessus et même la mort n’aura pas le dernier mot : par sa mort et sa résurrection, Jésus nous ouvre à nouveau les portes du Ciel, et rend à nouveau possible cette vie éternelle avec Dieu. Avec Jésus, acceptons de Le suivre jusqu’au calvaire, pour être associés avec lui à la joie du matin de Pâques.

 

Père Pierre-Hervé GROSJEAN+

Edito du 25 mars 2018

Donner sa vie

« Mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit ». Jésus nous donne ce dimanche le secret de la fécondité de toute vie. Il nous enseigne ce secret par sa parole, mais aussi par le don de sa propre vie. Une vie porte du fruit quand elle est donnée par amour. A la racine de toute vocation, il y a ce choix : « Est-ce que je veux vivre ma vie pour moi, ou est-ce que j’accepte de la donner « au service » ? ». Toute vie peut être vécue de façon donnée, car il y a différentes façons de donner sa vie. On peut la donner d’un coup, tels les martyrs pour témoigner de Jésus, ou le soldat pour servir son pays et défendre la paix. On peut la donner sans l’avoir voulu au départ, mais en y consentant peu à peu, telle la personne malade qui offre sa souffrance et porte les autres dans sa prière. On peut enfin la donner un peu chaque jour, en se donnant dans son travail, sa vie de famille, son groupe d’amis, sa paroisse, ou tout autre engagement, avec le souci de faire grandir ceux qui nous sont confiés.

Jésus nous dit tout cela ce dimanche dans l’évangile, mais il va surtout nous le montrer dans les jours qui viennent, à travers sa Passion que nous allons à nouveau méditer. Il accepte d’aller jusqu’au bout du don, il accepte de nous aimer jusqu’au bout, et c’est ainsi qu’Il nous sauve. Leçon mystérieuse, douloureuse et en même temps lumineuse de ces jours saints qui arrivent !

Père Pierre-Hervé GROSJEAN+

Edito du 18 mars 2018

Venir à la lumière…

« Celui qui fait le mal déteste la lumière », « celui qui fait la vérité vient à la lumière ». Ces deux affirmations du Christ dans l’évangile peuvent nous aider à mieux nous comprendre. Comme tous, nous n’aimons pas que soient mises en lumière nos fautes. Nous avons plutôt tendance à les enfouir, à les repousser dans l’ombre ou les replis de notre cœur. Nous avons en effet plus ou moins consciemment peur du regard qui pourrait se poser sur nos péchés. Regard de Dieu, regard du prêtre, regard des autres… jusqu’à notre propre regard. Nous avons peur que ces regards soient des regards déçus, tristes, qui jugent et condamnent. Peur qu’en faisant la lumière sur nos fautes, nous ne soyons plus aimés comme avant. Peur de décevoir, de perdre la confiance, de voir le regard changer, de se sentir rabaissés…

Et pourtant… nous ne pouvons rester cachés. Nous le pressentons bien. Nous avons besoin de faire la vérité, de déposer ce qui nous accable, d’être libérés de ce qui nous tient. Le carême est une bonne occasion de « venir à la lumière », en découvrant la bonté et la miséricorde de ce regard qui veut se poser sur moi. Le regard lumineux de Jésus, capable de voir mes fautes sans me réduire à ces fautes. Il est capable de voir en même temps ce qu’il y a de beau en moi. Je peux être vrai avec lui parce « qu’il n’est pas venu pour juger le monde, mais pour le sauver ». Que chacun puisse vivre cette joie de sentir son âme passer de l’ombre à la lumière !

Père Pierre-Hervé GROSJEAN+

Edito du 11 mars 2018

L’heure de la grande bataille…

Le carême dans lequel nous entrons, est l’occasion de redécouvrir la réalité du combat spirituel. L’Église nous fait méditer en ce premier dimanche de carême cette bataille que le Christ a livrée au désert contre Satan. Celui-ci a tout essayé pour détourner Jésus de sa mission. Il s’est acharné contre cette idée absurde aux yeux du démon qu’un Dieu s’abaisse ainsi, et vienne donner sa vie pour sauver les hommes. La haine orgueilleuse se révolte et ne peut supporter ce que l’Amour humble et miséricordieux accepte de faire ! Jésus repousse cet assaut. Le démon reviendra à l’heure de sa Passion, tenter une dernière fois d’éviter la victoire du Vendredi Saint… dès lors, se sachant perdu, dans sa rage, il s’en prend à chacun de nous. Ne pouvant atteindre le Seigneur, il veut abîmer ceux qui ont du prix aux yeux du Seigneur : nous, pauvres pécheurs aimés et pardonnés. Voilà l’enjeu du combat qu’il nous livre : il veut nous écarter de cette victoire de Jésus sur le mal, la mort et le péché. Il veut nous désespérer, nous accabler. Le carême est le temps pour apprendre, pour s’exercer à livrer cette bataille. Apprendre à choisir Jésus, et renoncer au mal. Laisser Jésus être victorieux en nous, en demeurant en Lui par la prière.  Redécouvrir la puissance de la Miséricorde, rempart contre toute désespérance. C’est l’heure de la grande bataille. L’heure d’être généreux, courageux, persévérants. Ne nous étonnons pas d’être secoués pendant ce carême. Mais que rien ne nous décourage : il y aura toujours un matin de Pâques !

Père Pierre-Hervé GROSJEAN+

Edito du 18 février 2018