Les éditos du Curé

TROIS SOUHAITS POUR CET ÉTÉ

La communauté paroissiale va sans doute un peu se disperser dans les semaines qui viennent. Beaucoup d’entre nous auront la chance de partir un peu, plus ou moins loin, pour vivre un temps de vacances. D’autres resteront ici, avec un rythme souvent un peu allégé pendant ces deux mois d’été. Je me permets de vous partager trois souhaits :
 Essayons de continuer à prier les uns pour les autres. Cette communion de prière est précieuse, elle nous permet de rester unis autour du Seigneur. Que notre éloignement géographique ne devienne pas une indifférence. Nous appartenons à une paroisse, et par là à l’Église qui est une famille. N’oublions pas cette appartenance, même et surtout quand nous sommes séparés. Priez pour votre curé aussi, qui prie pour vous.

 Prenons du temps gratuit avec chacun de nos proches : conjoint, enfants, petits-enfants, frères et sœurs, parents, filleuls, neveux et nièces… les vacances sont un temps propice à la transmission. On a le temps de partager, d’éduquer, d’expliquer, de raconter… C’est aussi un temps pour resserrer les liens et les cultiver.

 Reprenons le temps de lire. L’envahissement des écrans rend de plus en plus difficile pour beaucoup d’entre nous cet effort de la lecture. Il nous faut pourtant nourrir notre âme et notre intelligence par de belles lectures, qui élèvent et stimulent.
Que le Seigneur veille sur chacun de nous, en attendant la joie de nous retrouver à la rentrée pour une nouvelle année, pleine de projets ! Je vous garde bien fidèlement dans ma prière…
Père Pierre-Hervé GROSJEAN+
Edito du 1er juillet 2018

LE MONDE A BESOIN DE PRÉCURSEURS !

L’Église célèbre ce dimanche la solennité de St Jean-Baptiste, le dernier prophète donné à Israël pour préparer les cœurs à accueillir le Seigneur. Sa vocation éclaire la nôtre. Jean-Baptiste est connu pour être celui qui a désigné « l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ». Il a encouragé les uns et les autres à se préparer à la venue du Sauveur, puis à le reconnaître et le suivre.

C’est le cœur de notre mission d’apôtre et de prophète dans ce monde. Jésus encore aujourd’hui a besoin de précurseurs. Pour qu’Il soit connu, accueilli et aimé, pour qu’Il puisse sauver, il faut des serviteurs qui préparent ses chemins, qui aplanissent toutes les réticences ou les peurs qui empêchent les cœurs de s’ouvrir, qui annoncent Celui qui seul peut sauver. Il faut des Jean-Baptiste dans nos classes, nos entreprises, nos quartiers, nos groupes d’amis, des chrétiens qui sachent amener au Christ puis s’effacer ensuite.

C’est aussi de façon encore plus explicite le cœur de la vocation du prêtre. Le prêtre ne sauve personne lui-même, mais montre le Sauveur à ceux qui le cherchent. Le prêtre est au service de cette rencontre de chacun de nous avec le Christ. Le prêtre nous offre de vivre cette rencontre dans les sacrements et l’écoute de la Parole de Dieu. On peut même dire que le prêtre va plus loin que Jean le Baptiste. Non seulement le prêtre montre Jésus, mais il peut nous donner Jésus. Non seulement il annonce la rémission des péchés, mais il peut nous donner ce pardon promis…

Prions pour nos 5 prêtres ordonnés ce dimanche. Qu’ils aient l’ardeur et l’humilité du Précurseur. Qu’ils se sentent attendus, accueillis et portés dans la prière par tout un peuple. Nous avons besoin d’eux pour nous aider chacun à vivre notre mission.

Père Pierre-Hervé GROSJEAN+

Edito du 24 juin 2018

 

 

« Notre ambition, c’est de plaire au Seigneur. »

Saint Paul exprime bien les deux sentiments qu’éprouve le chrétien.
A la fois, il aimerait être déjà avec le Seigneur, dans la « claire vision », mais pour l’instant il met son cœur à accomplir sa mission ici-bas, avec ce corps qui est le sien, sa pauvre et belle humanité qui lui a été donnée. Il doit aimer, en faisant le bien. Il sait d’ailleurs qu’il lui faudra au soir de sa vie rendre compte de ce bien qu’il a fait ou non…  Il ne voit pas le but, mais il fait confiance, et « chemine dans la foi ». Son ambition, c’est tout simplement « de plaire au Seigneur ».

Il nous faut cultiver ce regard à la fois simple et plein de foi sur notre existence. Nous sommes des pèlerins. Comme tout pèlerin, nous désirons parvenir au but. Mais nous connaissons aussi l’importance de ce « cheminement » pour y arriver. Ceux qui ont marché vers Rocamadour, St Jacques de Compostelle ou Vézelay savent bien qu’au fond, le chemin nous prépare à accueillir la joie de toucher au but du pèlerinage. Nous avons besoin de ce chemin. Il nous forme, nous convertit, nous façonne et nous rend prêts à entrer dans le sanctuaire longtemps attendu. Qu’il soit encore le temps de marcher, ou que l’heure vienne pour ce pèlerinage de toucher à sa fin, notre seul désir est de plaire au Seigneur. Nous savons que Lui prend soin de nous, et nous accompagne. Il est à l’œuvre et comme le dit l’évangile, sa vie est semée, sa vie grandit en nous, dans le silence de notre âme, jusqu’au jour de la moisson. Voilà pourquoi « nous gardons toujours confiance ».

Père Pierre-Hervé GROSJEAN+

Edito du 17 juin 2018

Un péché impardonnable ?

Cette simple question devrait nous faire sursauter. Nous avons tous appris que la Miséricorde de Dieu pouvait tout pardonner. Existerait-il pourtant un péché plus grand que cette Miséricorde ? Jésus semble l’affirmer quand il prévient les pharisiens : « Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. Il est coupable d’un péché pour toujours. » Comment le comprendre ? Les scribes viennent d’assister à un miracle qui atteste de la divinité de Jésus. Mais au lieu de s’émerveiller, ils persistent dans leur projet de « coincer » Jésus. Ils en viennent alors en toute conscience à l’accuser d’être possédé, c’est-à-dire à attribuer au démon l’action de Dieu. Ils refusent en toute conscience, en toute connaissance, en toute liberté, que Dieu puisse agir. Ils refusent le bien, et vont jusqu’à le désigner comme le mal. Ils interdisent du coup eux-mêmes au Seigneur de pouvoir agir dans leur vie, de pouvoir même les pardonner. Ils n’y verraient à nouveau qu’une intention maléfique. La Miséricorde divine n’a qu’une limite : notre liberté. Le pardon ne s’impose pas.
Le pardon se propose. Et Dieu le proposera toujours. Mais si je lui nie cette possibilité de me pardonner, alors je deviens « impardonnable » : Dieu ne peut me forcer. Bien souvent, il est vrai que cette liberté est comme diminuée soit par l’ignorance, soit par la souffrance, soit par nos blessures. Dieu seul saura juger… Mais que cet avertissement de Jésus soit pris au sérieux, comme Dieu prend au sérieux notre liberté. La seule limite à l’action de Dieu dans nos vies, c’est notre consentement auquel humblement Il se plie. Notre « oui » est d’autant plus précieux à renouveler chaque jour, au-delà de nos pauvretés. Dieu a besoin de ce « oui » !

Père Pierre-Hervé GROSJEAN+

Edito du 10 juin 2018

Présence réelle

Nous célébrons ce dimanche le mystère de la Sainte Eucharistie, et contemplons Jésus réellement présent au Saint-Sacrement.
Cette vérité nous est révélée par Jésus lui-même : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang ». Il ne peut ni nous mentir ni nous induire en erreur. Il nous faut recevoir ces paroles telles qu’elles sont, dans leur simplicité et leur absolu. Si je crois que Jésus est vraiment le Fils de Dieu, alors je crois qu’Il réalise ce qu’Il dit. Le miracle s’accomplit à chaque messe depuis 2000 ans. Et nous sommes souvent bien loin de le réaliser…

C’est peut-être la première grâce à demander : celle de la foi. D’une foi renouvelée, ardente, forte dans la présence réelle de Jésus parmi nous, dans nos tabernacles, dans nos églises, en cette hostie sainte que nous recevons et adorons. Cette foi doit imprégner notre attitude, notre prière, notre façon de communier, notre fidélité à la messe du dimanche, notre façon de vivre cette messe, notre empressement à venir adorer Jésus…

« Le voici, le pain des anges, il est le pain de l’homme en route, le vrai pain des enfants de Dieu, qu’on ne peut jeter aux chiens. » écrit
St Thomas d’Aquin dans la séquence lue à la messe ce dimanche.
Oui, sur ce chemin vers le Ciel qu’est notre vie sur terre, Jésus ne nous a pas laissés seuls. Comme il nous l’avait promis, il est « avec nous, jusqu’à la fin des temps ». Il est vraiment, réellement avec nous.
Qu’il nous donne de le redécouvrir et de le comprendre !

Père Pierre-Hervé GROSJEAN+

Edito du 2 juin 2018

« Un Esprit qui fait de vous des fils »

« Tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! ».

Il nous faut graver ces mots de Saint Paul au plus profond de notre cœur. Nous ne sommes pas une religion d’esclaves. Pour l’homme et la femme, Dieu a voulu une dignité de fils et fille de Roi ! Il nous reconnaît comme ses propres enfants. « Enfants de Dieu » : peut-on imaginer un titre plus grand ? Comment nous habituer à être appelés ainsi ? Nous avons là une source de consolation et de joie pour l’Eternité ! Bien souvent, nous nous dévalorisons ou nous nous décourageons devant nos misères. Ou alors, nous cultivons une vaine gloire : nous nous encensons comme si nous étions la source de notre valeur. Voilà l’antidote à la fois à toute dévalorisation et à toute vanité : la découverte de notre réelle dignité, la contemplation de ce que nous sommes aux yeux de Dieu, de ce qu’Il a voulu pour nous, de ce qu’Il nous a donné…. Cette prise de conscience nous fera repousser toute tristesse, et rendre grâce par notre prière mais aussi nos actes ! Ce titre « d’enfant de Dieu », cette adoption par le Père, nous engage à vivre une vie en cohérence avec ce que nous sommes devenus. Le Seigneur a donné sa vie pour nous en rendre capables et nous y aider. Il veut que tous puissent accueillir ce don immense et nous confie le soin de l’annoncer. Que toute notre vie soit une action de grâce au Père par le Fils, dans l’Esprit !

Père Pierre-Hervé GROSJEAN+

Edito du 27 mai 2018

L’Esprit Saint en quatre verbes : comprendre – aimer – agir – transmettre

En cette fête de la Pentecôte, nous avons l’occasion de renouveler notre prière à l’Esprit Saint mais aussi peut-être d’approfondir notre compréhension de son action. Pourquoi nous est-Il donné ?

L’Esprit vient nous faire comprendre d’abord ce que nous avons reçu et ce que nous sommes. Par ses dons d’intelligence, de science, de sagesse, de conseil, Il nous éclaire pour qu’on puisse entrer dans le mystère de Dieu.
Il nous aide à comprendre l’Amour du Père, ce que Jésus a fait pour nous, le projet de sainteté que le Seigneur a pour chacun.

L’Esprit Saint nous est donné pour aimer. Par le don de piété filiale, Il vient embraser nos cœurs. Après avoir compris de quel Amour nous avions été aimés, l’Amour appelant l’amour, nous sommes appelés à aimer à notre tour le Seigneur et nos frères. L’Esprit nous sort de notre tiédeur et nous donne d’aimer Dieu avec ferveur. Quand la prière se fait difficile ou aride, quand la charité nous coûte,  il nous faut nous rappeler que cette capacité d’aimer reste d’abord un don à demander et à recevoir.

L’Esprit nous est donné pour agir en chrétien, en cohérence avec ce que nous sommes. Le don de force est bien précieux dans le combat spirituel que nous vivons, pour choisir le bien et éviter le mal.

Enfin, l’Esprit nous est offert pour nous porter dans la mission, et fait de nous des apôtres chargés de transmettre l’évangile. Il nous inspire les paroles et les gestes susceptibles de toucher le cœur et l’intelligence de nos frères. Nous sommes appelés à en devenir les instruments fidèles et dociles.

Père Pierre-Hervé GROSJEAN+

Edito du 20 mai 2018

« Je les ai envoyés dans le monde. »

Nous continuons de méditer l’évangile de Saint Jean, et en particulier ces confidences et paroles de Jésus au soir du Jeudi Saint.
Ce dimanche, nous l’entendons prier. Un instant, il s’est arrêté de parler à ses apôtres et s’est mis à prier son Père. Nous écoutons ce qu’Il demande à son Père du Ciel pour nous… D’abord l’unité. Ce sera le souci permanent de l’Eglise : rassembler ceux qui veulent suivre Jésus autour de la seule foi qui sauve, du seul évangile, sous la conduite d’un seul chef, vicaire du Christ. Notre unité est aussi un signe à donner au monde pour qu’il puisse croire. Ensuite la joie. Que les chrétiens puissent connaître la joie de Jésus, en y étant associés. Cette joie sera leur rempart contre la haine du monde. Enfin, qu’ils tiennent bon à leur place dans le monde. Qu’ils se comprennent « envoyés », « en mission » dans ce monde. Certes, ils ne sont pas du monde : nous sommes voulus par Dieu et nous allons à Lui. Mais Dieu nous a envoyé dans ce monde, tel qu’il est, pour le servir et l’aider à accueillir le Salut qui lui est offert. Une présence chrétienne dans le monde qui a toujours besoin d’être repensée dans ses modalités, son expression, sa visibilité mais qui ne peut disparaître… au nom même de la charité ! Être là, fidèles à servir et à témoigner de la Vérité, où Dieu nous a envoyés, est la première des charités à offrir à ce monde.

Père Pierre-Hervé GROSJEAN+

Edito du 13 mai 2018

« CE QUE JE VOUS COMMANDE…

…c’est de vous aimer les uns les autres, comme je vous ai aimés ».
Les mots de Jésus ne sont pas choisis par hasard. Il ne dit pas « ce que je vous souhaite » ou « ce que j’aimerais », mais « ce que je vous commande ». On peut y trouver plusieurs raisons, mais sans doute est-ce pour nous faire comprendre combien il est impératif pour l’homme, s’il veut trouver la joie, d’apprendre à aimer à l’école de Jésus. Il ne s’agit pas simplement d’aimer comme le monde l’entend. Ce mot est souvent bien affadi, parfois même travesti ou caricaturé. Il s’agit d’aimer «  en acte et en vérité », à la façon dont Jésus a aimé, c’est-à-dire en donnant sa vie. L’amour authentique implique de donner sa vie. Le don total de sa vie – d’une façon ou d’une autre – est le signe d’un amour vrai. Cet amour-là porte du fruit, et nous offre de faire l’expérience d’une joie réelle. On a souvent opposé l’amour et la loi. Or cet amour ne dispense pas d’obéir aux commandements.
Il vient accomplir ces commandements, en leur donnant tout leur sens. On les reçoit comme un moyen d’aimer, une aide pour aimer, et non un carcan qui empêcherait d’aimer. On obéit par amour et pour aimer. Cet amour est fécond, il portera du fruit. Le premier d’entre eux sera de nous faire entrer dans une relation d’amitié avec Jésus. Avec Jésus, le serviteur devient l’ami.

Père Pierre-Hervé GROSJEAN+

Edito du 6 mai 2018

Gaudete et exsultate !

Pour ceux qui ne seraient pas bilingues français-latin (!), cela veut dire : « Soyez dans la joie et l’allégresse ! ». Ce sont les premiers mots et donc le titre de la nouvelle exhortation du Pape François, adressée aux catholiques du monde entier. Un texte simple, assez court, accessible à tous. J’aimerais beaucoup que nous puissions tous le lire dans les prochaines semaines. On peut le commander en librairie mais le trouver aussi gratuitement sur internet, sur le site du Vatican par exemple.

Cette exhortation est un vibrant appel à la sainteté. Il n’y a pas de vie « médiocre » envisageable pour un baptisé : nous sommes tous appelés à être saints, amis de Dieu. Cette sainteté n’est pas réservée à une élite, à ceux qui seront connus, à ceux qui n’auraient aucun combat. Au contraire, dit le Pape : « Notre chemin vers la sainteté est aussi une lutte constante. Celui qui ne veut pas le reconnaître se trouvera exposé à l’échec ou à la médiocrité. ». Mais ce chemin âpre et long est en même temps et surtout un chemin de joie. Joie pour nous d’apprendre à aimer et à nous laisser aimer, et un jour de vivre avec Dieu dans un amour parfait. Joie de l’Eglise de nous voir grandir en sainteté, comme une mère voit grandir ses enfants avec fierté et bonheur. Joie pour le monde qui attend des témoins authentiques. Joie de Dieu qui réalise son œuvre en nous et accueille notre persévérance comme une preuve d’amour : « J’aime voir la sainteté dans le patient peuple de Dieu, dans cette constance à aller de l’avant chaque jour, je vois la sainteté de l’Eglise militante. » dit ainsi le Pape. Que chacun de nous accueille cette bonne nouvelle : Dieu veut faire de nous les saints dont le monde a besoin ! Que les paroles du Pape nous encouragent à oser y croire !

Père Pierre-Hervé GROSJEAN+

Edito du 15 avril 2018