Qui est Dieu pour moi ? Cette question me vient après la lecture de l’évangile de ce dimanche. Je m’aperçois qu’il est bien facile de « gérer » notre relation à Dieu comme une relation parmi tant d’autres. Dieu est alors pensé comme un des éléments de mon plan de vie. Je pense Dieu en fonction de moi, de ce qui m’arrange. Je lui donne ce qu’il me reste de mon temps libre, en fonction de mes autres engagements. Je prends sur mon superflu, comme ces riches observés par Jésus dans le temple. La religion est une option que j’ai prise « en plus ». Je décide de la place qu’elle prend, du temps que je lui consacre. C’est « quelque chose en plus », que je peux augmenter ou limiter, et qui vient donner du sens à ma vie.

La foi, ce n’est pas ça. Vivre dans la foi, c’est croire que Dieu est premier, et que rien n’existe et n’a de valeur sans Lui. Nous existons que parce que nous avons été précédés par Dieu, aimés de Dieu. Dieu n’est pas un élément de mon plan de vie, mais je dois moi entrer dans le plan de Dieu. Ma relation à Dieu me précède. La foi ne vient pas « donner du sens » à ma vie. La foi vient me révéler la vérité sur le sens de ma vie. Ce sens me précède encore une fois. A moi de l’accueillir. Si je crois, alors toute ma vie, et tout de ma vie, dépend de Dieu.

« Dieu ou rien » comme le dit le Cardinal Sarah. Voilà la seule façon de comprendre l’obole de la veuve. Elle n’aime pas Dieu en fonction de ses conditions de vie, elle n’accomplit pas la loi selon le temps qu’il lui reste ou l’argent qu’elle a encore. Dieu est tout pour elle. Elle n’aime pas à moitié. Tout ou rien. Dieu ou rien. La foi – la confiance – ne peut être vécue à moitié.

Père Pierre-Hervé Grosjean +

Edito du 8 novembre 2015