Alors que les apôtres sont effrayés par ce qui se profile, Jésus leur fait cette promesse au soir du Jeudi Saint.  C’est une promesse que nous retrouvons comme en écho dans la liturgie, et à plusieurs reprises dans l’Écriture.

La paix dont parle Jésus n’est pas la promesse d’une vie tranquille, sans conflit ni difficulté. Ce n’est pas non plus une paix artificielle, reposant sur un consensus mou qui ne respecterait pas la vérité. Ce n’est pas enfin la paix du plus fort, qui impose le silence au plus faible. « Ce n’est pas à la manière du monde » que Jésus nous donne la paix. Cette paix, elle est d’abord le fruit de la réconciliation de l’homme avec Dieu : « Vous qui étiez devenus des ennemis (de Dieu), Il vous a réconciliés dans son corps de chair, le livrant à la mort» écrit Saint Paul, avant de préciser : « Il a fait la paix par le sang de sa croix, la paix pour tous les êtres.» (Col 1, 20). Cette paix intérieure est un don de Dieu qui vient de sa présence à nos côtés, dans les joies comme dans les peines : « Je m’en vais, mais je reviens vers vous ». Nous trouverons la paix auprès de Lui, au Ciel mais dès maintenant dans la prière, en accueillant sa présence dans les sacrements, par lesquels Il nous promet de venir « faire sa demeure » en nous. Cette paix de Dieu consiste enfin comme l’enseigne St Augustin dans la « tranquillité de l’ordre ». Quand notre vie est ordonnée, quand Dieu y garde la première place… Mais c’est vrai aussi pour notre monde : la paix sera « le fruit d’un ordre qui a été implanté dans la société humaine par son divin Fondateur, et qui doit être mené à la réalisation par des hommes aspirant sans cesse à une justice plus parfaite » (Vatican II). La paix durable et véritable sera ainsi le fruit d’une coopération entre Dieu et l’homme. Bienheureux les artisans de cette paix !

Abbé GROSJEAN, curé +

Edito du 26 mai 2019