La question posée à St Jean-Baptiste résonne à nos oreilles… Quelle doit être notre attitude dans ce temps d’attente du Seigneur, au cœur des tempêtes de ce monde ?

La réponse du prophète est riche en enseignements. Sa première recommandation est d’aimer et de partager. Le don, en ouvrant notre cœur, le rend disponible à recevoir et donc à accueillir Jésus. La générosité rend le cœur large et grand. Quand le mal semble peser si lourd sur la marche du monde, il faut essayer d’y répondre en aimant davantage. Comme pour rétablir l’équilibre, et même prendre le dessus.

Sa deuxième recommandation est d’accomplir loyalement et fidèlement son devoir d’état. Il dit cela pourtant à un collecteur d’impôts, et à un soldat qui devait servir l’Empereur ou Hérode, ce qui n’est guère mieux… La venue du Sauveur n’est pas le soulèvement qu’espéraient certains. On n’est pas dans ce registre. La vraie révolution va se jouer dans les cœurs. L’attendre ne dispense du coup personne d’assurer son devoir, avec compétence et droiture. Cette fidélité dans les « petites » choses est la meilleure façon de se préparer à l’être dans les grandes. Cette fidélité du quotidien, au service du bien commun, est la plus juste pour se tenir prêts. Les chrétiens ne doivent pas déserter ce monde, ni désespérer de lui. Ils ne peuvent s’en désengager. Au cœur de ce monde en train de s’effondrer, fidèles à leur poste, ils annoncent la venue d’un Autre. Ils veillent, sentinelles dans la nuit, pour annoncer l’aurore du Salut, l’aube nouvelle…

Père Pierre-Hervé Grosjean +

Edito du 13 décembre 2015