Jésus vient d’annoncer à ses apôtres ce qui l’attend. C’est insupportable à entendre pour Pierre, qui se permet de « vifs reproches »… alors qu’il vient de reconnaître que Jésus est le Christ, le Messie ! Mais il n’est pas le seul à vouloir expliquer à Dieu comment être Dieu ! On passe notre temps à suggérer au Seigneur ce qu’Il devrait faire ou ce qu’Il ne devrait pas permettre… Qui sommes-nous ? Jésus à son tour se fait vif. Le ton monte. Et Jésus fait une mise au point très claire. « Si tu veux marcher à ma suite, renonce à toi-même, prends ta croix, et suis moi. Tu ne sauveras ta vie que si tu acceptes de la perdre pour moi… »

Qu’attends-tu de Dieu ? Qu’espères-tu vraiment de Lui ? La mise en garde vaut pour nous tous. Nous rêvons d’un christianisme sans la croix, qui ne serait plus un signe de contradiction pour le monde, qui serait un « long fleuve tranquille » pour nous. Un christianisme soft, allégé, « acceptable » par tous, car adapté « aux pensées des hommes ». Un christianisme sans larmes, avec des joies faciles et un bonheur simple…

Jésus n’est pas venu pour ça. Il nous aime trop pour nous mentir. Il ne veut pas nous tromper, ni qu’on s’étonne ensuite. Il est venu nous aimer et nous sauver. Cela ne se fera pas sans combat, sans larmes, sans contradictions ni persécutions. Mais demeure une joie profonde, malgré tout : celle d’être aimé et d’aimer. La joie de donner notre vie, pour Dieu, pour les autres. La joie du don, qui passe par la croix forcément à un moment ou à un autre. Nous sommes faits pour cette joie là, jamais facile mais vraie. Et qui porte les promesses de l’Eternité.

Père Pierre-Hervé Grosjean +

Édito du 13 septembre 2015