Saint Jacques, dans sa lettre que nous continuons de méditer ce dimanche, aborde la question de la rivalité et celle de la jalousie. Il fait de ces deux sujets la cause de tous les maux, guerres et autres conflits. Il y a là en effet quelque chose de très profond en nous : le besoin de reconnaissance, le désir de réussir, la volonté de posséder ou de gagner. Tout cela n’est pas mauvais quand c’est bien ordonné. Mais quand ce désir devient tout puissant, quand ce besoin devient maître de nous, notre discernement en est altéré. Nous sommes alors capables de tout, et surtout du pire. Surtout, les autres apparaissent désormais comme des concurrents, dont le bonheur m’agresse ou me semble injuste, empiétant sur le mien. Ce sera eux ou moi.

Jésus donne l’antidote à ce poison : Il ne refuse pas l’idée qu’on puisse vouloir être le premier. Mais il explique le sens et le moyen de cette ambition : c’est pour mieux servir, et en servant, que je peux grandir. Je réussirai en faisant réussir les plus petits que moi. Je grandirai en faisant grandir ceux qui me sont confiés. Je régnerai… en servant. Si je mets ma joie à servir mes frères, si je mets mes talents au service de leur accomplissement, si j’ai à cœur d’entreprendre, d’exercer des responsabilités, de réussir pour mieux les servir, alors je serai comblé. L’ambition ne peut être que collective pour un chrétien. Elle est sinon décevante, épuisante, et destructrice.

Père Pierre-Hervé Grosjean +

Édito du 20 septembre 2015