Les éditos du Curé

Alors que nous sommes pleins de bonnes résolutions au début de ce carême, il y a un petit danger qui arrive : être centré sur soi ! En effet, je peux être tellement centré sur mes problèmes et mon combat spirituel que je peux être tenté de ne regarder que moi. En réalité, les efforts que je vais faire auront sûrement moins d’intérêt que de contempler la bonté de Dieu à travers ce qu’il fait pour moi et ce qu’il fait pour les autres. C’est souvent à travers un témoignage que je peux trouver la force d’élargir mon regard et de sortir de ma vision autocentrée.

Pour nous aider, nous avons une force magnifique : la communauté paroissiale. Ce n’est pas juste un slogan, c’est une réalité. Nous choisissons de vivre les différentes étapes ensemble et de messe en messe, nous avançons ensemble, nous retrouvant pour célébrer le sacrifice de Jésus qui nous offre à chacun l’unité avec notre unique Père. Je vous invite à être attentifs aux autres durant les messes dominicales, à aller à la rencontre des autres, à oser faire le premier pas. Sachez qu’il y a parmi nous de véritables perles évangéliques et d’authentiques témoins de la foi. C’est notamment là que l’Église se révèle être le sacrement du Salut.

Père Antoine

Chaque année, la perspective du carême nous renvoie à nos efforts. Et cela n’apparaît pas très positif ! Pourtant, ce temps est un temps de conversion, c’est-à-dire un temps pour vivre davantage de la grâce divine. Au fond, c’est une extraordinaire opportunité ! Nous savons tous que la fidélité dans notre vie chrétienne n’est pas évidente, nous nous lassons et nous perdons de vue le désir d’être humble devant Dieu. Notre tête s’enfle. Alors l’Église nous propose une période pour remettre les pendules à l’heure, tous ensemble, pour nous porter ensemble. Place au silence, loin de nos écouteurs et de nos téléphones. Place à l’humilité, pour venir reconnaître que tout vient de Dieu. Place à l’attention fraternelle, pour nous libérer de notre égoïsme et de notre recherche de pouvoir et d’argent. Cette année, j’aimerais que l’on mette l’accent sur la confession. J’ai été frappé par le peu de confessions avant Noël et pourtant le nombre de communions n’a pas baissé. Comme si peut-être, à force, on finissait par croire que la confession n’était réservée qu’aux très grands pécheurs (que nous ne sommes pas évidemment !) Retrouvons le chemin de l’examen de conscience, pour oser nous tourner vers Dieu avec confiance et choisir des points de conversion. C’est ainsi que nous verrons le Sauveur nous libérer le jour de Pâques.
Notez bien aussi la semaine de retraite paroissiale, du 22 au 28 mars, pour être présent chaque soir et suivre les enseignements qui nous seront donnés.

Père Antoine

« Désormais, Dieu agit dans votre faiblesse ! »
Ce sont les mots qui clôturent le rituel du sacrement des malades, des paroles que l’on entend comme une consolation. Dieu est avec moi, dans ma faiblesse. Il ne m’oublie pas, il ne m’a pas éloigné de sa face. Il est toujours là. Lire la suite

Grande nouvelle pour notre paroisse : le 24 janvier à 10h, nous vivrons l’inauguration du Relais. Lire la suite

Quelle joie de se souhaiter un « Joyeux Noël », de redire ces mots qui disent notre joie ! Vous savez que, pendant bien des années, le mot « Noël » était synonyme de joie, car c’est une grande joie qui est annoncée : un sauveur nous est né ! Il faut un esprit et un cœur d’enfant pour accueillir Celui qui vient comme un enfant. Dieu l’Éternel se fait nouveau-né, éternellement jeune !

Voilà une belle prière (d’après le Père Léonce de Grand-maison) à redire en cette période :

Sainte Marie, Mère de Dieu, gardez-moi un cœur d’enfant,
pur et transparent comme une source.
Donnez-moi un cœur simple,
qui ne savoure pas les tristesses,
un cœur compatissant, un cœur fidèle et généreux,
un cœur qui n’oublie aucun bienfait
et ne tient rancune d’aucun mal.
Donnez-moi un cœur doux et humble,
aimant sans demander de retour,
joyeux de s’effacer dans un autre cœur,
devant votre divin Fils ;
Un cœur grand et indomptable, qu’aucune ingratitude ne ferme, qu’aucune indifférence ne lasse ;
Un cœur tourmenté de la gloire de Jésus-Christ,
blessé de son amour
et dont la souffrance ne s’apaisera qu’au Ciel.
Ainsi soit-il.

Père Antoine

« Soyez bons si vous le pouvez ! » C’est par ce slogan que saint Philippe Néri aimait bien parler aux enfants dont il s’occupait ! La vie parait si simple : sois bon, si tu peux l’être ; si tu vois quelque chose de bien à faire, fais-le !

Ces multiples petits choix nous renvoient à notre liberté qui est le fait de choisir le bien, de choisir ce qui est bon et qui édifie, même si cela demande une part de labeur, de répétition, de revenir sans cesse à ce choix fondamental malgré la fatigue, malgré la lassitude qui peut nous guetter. Notre vie porte du fruit, parfois déjà visible, mais qui parfois ne sera visible qu’à la moisson. Ce fruit est beau et grand parce qu’il tient tout entier dans la répétition du choix du bien, que nous renouvelons quoiqu’il arrive. Tout ce qu’il y a de bon dans nos vies a demandé une forme de combat, parfois facile à mener, parfois toujours à recommencer. Le Seigneur nous l’a promis, nous sommes tenus à une obligation de moyen, de nous donner les moyens de faire le bien. « C’est par votre persévérance que vous aurez la vie » (Lc 21, 19). Puisons ici le courage et l’enthousiasme nécessaire pour continuer d’avancer résolument vers le seul Bien.

Père Antoine

La fête du Christ Roi marque le dernier dimanche de notre année liturgique. C’est déjà l’Avent qui s’annonce et une nouvelle année qui se prépare. Cette fête nous place en décalage avec les deux fins d’année qui comptent davantage à nos yeux : la fin d’année scolaire et la fin de l’année civile (pour certains, on ajoutera la fin de l’année comptable !) Ce rythme de la liturgie ne nous invite pas à nous considérer comme les derniers des Mohicans avec un rythme annuel que même la plupart des fidèles ignorent. Là n’est pas le lieu d’un constat négatif. Il s’agit plutôt d’une invitation à entrer dans un rythme différent.

L’Avent, c’est la perspective d’une intériorité plus grande. Serons-nous capables de dégager du temps pour la messe de l’aurore, pour dire notre chapelet, pour prendre le temps de méditer ? Il va falloir nous faire les veilleurs de Celui qui ne parle que dans le silence, nous qui bien souvent fuyons le silence, plongés dans la frénésie d’images et de bruits, pensant tromper le sommeil en veillant sur les réseaux sociaux ! Pour devenir veilleurs, il faut rester éveillés à l’aurore de nos vies, en ce tout début du bruissement de nos vies, à la fine pointe de l’âme, au lieu même où Dieu nous donne vie. Cette aurore, c’est celle du matin de Noël, c’est aussi celle du matin de Pâques. Soyons vigilants pour attendre la seule personne qui peut nous combler.

Père Antoine

Pas une journée ne passe sans que de gros titres dans l’actualité suscitent en nous joie, frustration, colère ou sim-plement désespoir désabusé. Notons que tout le monde ne s’indigne pas pour la même chose, que ce soit chez les catholiques ou dans le monde. Le mécanisme de l’indi-gnation nourrit notre soif d’émotions et nous fait passer notre temps à osciller entre une théorie du « complot potentiel encore contre nous les cathos » et une frénésie de partages d’articles et de pétitions en vue d’atteindre telle ou telle fin. Bien sûr, il arrive parfois que ces indignations conduisent à des résultats concrets ; cependant, en cédant ainsi, nous laissons le mécanisme de l’émotion guider notre actualité mentale, voire nos préoccupations et nos emplois du temps. Tout à coup, un sujet fait l’actu.

Comment imaginer être dans une vie intérieure, comment mener des projets profonds et réfléchis si, sans cesse, nous sommes au front de l’indignation, épuisés par nos émo-tions ? Il faut aussi reconnaître que nous n’avons pas les moyens de nous mobiliser pour toutes les causes. Par conséquent, nous sélectionnons notre champ d’expertise, en finissant par nous persuader nous-mêmes que seul ce champ nous concerne.

Notre devoir de chrétien est double : chercher à cultiver une vie intérieure pour s’attacher réellement à ce qui dure et non construire des projets sous les radars de la seule émotion, et d’autre part refuser de se laisser enfermer par l’indi-gnation sélective : rien de ce qui est humain ne devrait nous être étranger, puisque le Christ est venu sauver toute l’humanité, et même nous.

 Père Antoine

Une des plus anciennes traditions de notre Église était d’aller prendre un repas sur les tombes des morts. L’expression « prendre un repas » était comprise dans l’Antiquité comme étant « le » repas, celui de la Cène, la messe. Il ne s’agissait pas d’un culte rendu aux morts mais à travers la célébration de la messe, de faire l’offrande et l’action de grâce de la vie du défunt, dont les restes se situaient à proximité la plus immédiate, sous le pain et le vin. C’est cette idée très ancrée en nous que le fait de « toucher » les saintes Espèces allaient permettre de transmettre la sainteté au défunt. Ce culte, nous l’avons gardé en installant des reliques des saints dans chacun de nos autels et ainsi en les posant comme pierre de fondation de nos célébrations ; mais aussi en allant sur les tombes de nos défunts pour y poser une bougie ou des fleurs. C’est encore ce que nous disons en nous approchant au plus près des reliques, comme en atteste le beau reliquaire de la Passion que nous avons dans l’église.

Alors, en cette période de la Toussaint, touchons les saints et portons auprès de nos défunts ces prières et ces fleurs qui manifestent notre désir qu’ils entrent dans la Vie de Dieu et qu’ainsi nos familles aient des saints au Ciel !

Père Antoine

Nous nous retrouvons ce dimanche pour vivre la fête paroissiale et lancer en quelque sorte notre année pastorale. C’est l’occasion d’une grande action de grâce pour la beauté de notre communauté, pour les fruits portés et ceux à venir. Chaque dimanche, nous nous retrouvons pour prier ensemble et porter aussi nos intentions de prière, nos peines et nos joies, chercher à découvrir comment le Christ transforme nos vies petit à petit.

Notre paroisse est déjà figure du Ciel, avec tous ceux qui ont été membres de notre communauté et sont déjà en route vers le Ciel, et il nous faut cultiver cette grâce particulière qu’est la communion des saints. Notre paroisse est aussi figure du Ciel par cette assemblée nombreuse où chacun, en franchissant la porte de l’église, se sent déjà accueilli et aimé. Nous sommes la Nation sainte que Dieu s’est choisie, nous sommes le Corps du Christ. Entre nous, il n’y a pas d’accord sur tout, ni sur la manière de prier, ni sur la manière d’être chrétien dans le monde, ni sur nos opinions. Cependant, c’est bien le même Christ qui nous sauve et qui nous appelle à Lui. Tâchons d’être ce que nous sommes pour que nous puissions rayonner dans notre ville et continuer d’exercer ce témoignage ici même.

Père Antoine